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Lettre à mon ami Phallocrate

 Cher ami,

Tu n’imagines pas ma joie de t’écrire en ce jour.

Tu sais, cher ami, j’ai été particulièrement attentif à tes dernières sorties sur les réseaux sociaux. Alors que l’opinion recherchait frénétiquement les détails croustillants du dossier concernant notre bien aimé « conducteur des âmes ». J’ai vu combien en pareille circonstance tu ne pouvais pas contrôler les mouvements de tes doigts sur l’écran de ton Smartphone.

Mon ami, je me suis dit que tu n’as pas tort de voir la légèreté derrière chaque fille court-vêtue, chaque adolescente qui bouge ses reins dans un lieu public et chaque femme qui accuse un puissant d’acte de viol ou de violence sexuelle. Ne nous a-t-on pas longtemps appris qu’une femme a vocation à rester tranquillement à la cuisine ? Selon une pensée prédominante dans la société, une femme qui se plaint de viol n’est-elle pas coupable de « délit de dénonciation » ?

Cher ami, je pense que tu es juste à l’image de notre société. Tu es le pur produit de ses dérives, de ses folies, de son manque d’empathie envers ceux qui souffrent et de tout ce qui ne marche pas. Une société qui marginalise les femmes ne peut pas espérer mieux de ses enfants. Garçons, ils sont en proie aux virilités exacerbées. Ces pulsions incontrôlées qui les poussent à regarder les femmes de haut ; à se croire plus forts et plus heureux que quiconque. Filles, elles s’estiment prédestinées à rester derrière ceux qui ont plus de testostérones.

Comme toi, je suis un fils de cette société plus ou moins misogyne. J’ai été aussi amené à adopter ses dogmes et ses croyances. Cependant, je suis tenu de remettre en question cette injustice qui veut que plus de la moitié de la population soit condamnée à se taire. Se taire parce qu’on est femme est à mon sens une horrible épreuve. L’inverse est aussi vrai d’ailleurs. Contrairement à toi mon ami, je ne pense pas que les ¾ des filles de Kinshasa sont des « femmes libres » (Tu comprendras ma volonté de ne pas employer les expressions comme putes ou prostituées).

Contrairement à toi donc, je ne pense pas qu’une dame qui s’estime abusée sexuellement doit se taire pour ne pas salir « la réputation » d’une personnalité adulée. Une telle personne a droit à être écoutée sous réserve du respect des procédures judiciaires prévues à cet effet.

Amicalement.

 

 

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Les commentaires récents (4)

  1. Bravo, c’est bien dit! J’avais vu ce tweet et étais vraiment choquée de ce qualificatif indigne, insultant à l’égard de la femme congolaise, kinoise en particulier.

  2. Bravo, c’est bien dit! J’avais vu ce tweet et étais vraiment choquée de ce qualificatif indigne, insultant à l’égard de la femme congolaise, kinoise en particulier. A lui de choisir ses fréquentations, à lui de faire la part des choses tout en rappelant que derrière une femme adultère, il y a un homme adultère aussi.