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L’extraordinaire potentiel touristique du Nord-Kivu

« Faire du tourisme dans les quartiers généraux des ADF en territoire de Beni ? Tu rêves ou quoi ? » Avec le retour de la paix, ce rêve pourrait devenir réalité. Le tourisme pouvant générer des millions de dollars, les véhicules des safaris seront plus nombreux que ceux des ONG.

Il n’est pas interdit de rêver. Un jour le Nord-Kivu sera un havre de paix. Une oasis de paix où les gens vaqueront tranquillement et le cœur léger à leurs occupations. Les touristes (re)viendront alors visité notre région car le Nord-Kivu a d’énormes potentialités touristiques.

Un potentiel énorme

Les sites touristiques foisonnent au Nord-Kivu, comme ailleurs au Congo. Le parc national des Virunga est emblématique. Il fut le premier parc national créé sur le continent africain avec pour objectif, d’assurer la sauvegarde du gorille des montagnes. Le parc s’étend sur plus de 300 kilomètres dans une zone frontalière de l’Ouganda et du Rwanda.

Le parc des Virunga a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979 en raison de ses habitats variés et de son exceptionnelle biodiversité. Dans une aire qui représente seulement 0,3% du pays, le parc national des Virunga offre des paysages spectaculaires : savanes, forêts denses humides, plaines, lacs, volcans actifs et glaciers sur le mont Ruwenzori.

Le parc abrite près de la moitié des mammifères connus de la RDC (210 sur 415) dont 21 sont endémiques au Rift albertin, un hot spot de biodiversité. Il compte également les deux tiers des espèces d’oiseaux connues en RDC (706 sur 1094) dont 25 sont endémiques. Il héberge, sur ses volcans, une partie de l’unique population mondiale de gorilles des montagnes (seulement 700 individus répartis entre la RDC, le Rwanda et l’Ouganda).

Sites touristiques en danger

Le parc national des Virunga est en péril. Il a été inscrit, en 1994, sur la liste des sites du patrimoine mondial en péril en raison des importantes menaces qui pèsent sur ses écosystèmes, sa flore et sa faune. En effet, le plus ancien parc d’Afrique héberge une biodiversité très riche. Cette biodiversité est tellement riche que s’y ajoute les différents groupes armés, locaux et étrangers.

Dans la partie Sud, les forces démocratiques de libération du Rwanda, FDLR, y règnent comme en territoire conquis. Au Nord, ce sont les forces démocratiques alliées, les ADF, qui sèment la terreur.

Cependant, on peut espérer qu’un jour ces groupes armés déposeront les armes. Si les rebellions mettent la région à feu et à sang, la plus grande menace reste le pétrole supposé se trouver dans le sous-sol.

La frontière orientale de la RDC est située le long de la branche occidentale du rift est-africain. Depuis de nombreuses années, on suppose que le fossé d’effondrement qui souligne ce rift, en partie occupé par des lacs, recèle des réserves pétrolières pour l’instant encore mal connues.

La plus grosse menace : le pétrole

Dans le courant de l’année 2010, en RDC, des ordonnances présidentielles ont accordé plusieurs concessions pétrolières le long de ce rift, en particulier dans sa partie nord (le rift albertin), depuis le lac Edouard au sud jusqu’au lac Albert au nord, dans les provinces du Nord-Kivu et de l’ex-Orientale. L’ordonnance du 18 juin 2010 portant sur le bloc V faisait notamment suite à un contrat conclu entre l’Etat congolais et un certain nombre d’opérateurs pétroliers, dont celui signé le 5 décembre 2007 avec un consortium formé par les compagnies pétrolières Dominion Petroleum, SOCO International, et la société nationale congolaise Cohydro. D’autres opérateurs pétroliers sont également présents sur d’autres blocs comme Total et SacOil sur le bloc III.

Bien que la législation congolaise ne permette pas l’exploitation des ressources naturelles à l’intérieur des parcs nationaux, certaines de ces concessions (blocs III, IV et V) chevauchent le parc national des Virunga sur environ 85% de sa superficie. Le bloc V recouvre en totalité la partie congolaise du lac Edouard inclus dans le parc.

Le bloc V n’inclut pas, mais borde, le secteur de Mikeno qui héberge les gorilles des montagnes. Par contre, le bloc IV recouvre le secteur de Tshiabirimu qui abrite une petite colonie de gorilles de Grauer. Les blocs IV et III comprennent la totalité des savanes d’Ishango et des massifs forestiers du nord du parc.

Ces concessions congolaises sont limitrophes de blocs d’exploration-exploitation pétrolière dans la partie ougandaise du rift. En Ouganda, certains blocs recouvrent également plusieurs aires protégées (les parcs nationaux Queen Elizabeth, Ruwenzori Mountains, Semuliki et –en aval du lac Albert – Murchison Falls).

Urgence de protection des Virunga

Outre la protection de son écosystème, le parc national des Virunga, inscrit sur la liste de Ramsar depuis le 15 septembre 1994, doit assurer la protection de la partie en amont d’un réseau hydrographique qui constitue l’une des sources du Nil. La protection de ce réseau hydrographique, des sols et des formations végétales de son bassin est d’une importance capitale dans ce contexte international.

Protéger le parc des Virunga est une urgence. Les rêves de beaucoup d’écologistes se réaliseront  et la protection de cet endroit exceptionnel créera des centaines d’emplois directs et indirects. Qu’attendons-nous ?

 

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