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Revue de presse : vers une impasse politique en RDC

Une impasse, après la signature « sous réserve » de l’Accord politique du 31 décembre par la Majorité présidentielle à Kinshasa ? Plusieurs médias l’ont relevé la semaine dernière, alors que cet accord censé sauver la RDC des violences après l’expiration du  dernier mandat constitutionnel de Joseph Kabila risque de capoter.

Impasse politique ? Il n’en « sera pas le cas », répond le quotidien kinois Le Phare. Le 6 janvier, il titrait : « Accord politique : le MLC d’accord ! », alors que la CENCO qui mène la médiation a obtenu du Front pour le respect de la Constitution, qu’il va signer l’accord. Le Phare y voit la Majorité au pouvoir prendre un coup alors qu’elle essaierait d’exploiter le refus du MLC, leader du « Front » de signer cet accord :

« Comme si elle n’attendait que cela, la Majorité Présidentielle s’est saisie de ce couac pour clamer avoir signé ledit document sous réserve, au motif que ce deal politique souffrait également du déficit d’inclusivité, à l’image de celui du Camp Tshatshi », écrivait le quotidien kinois, la semaine dernière.

Enthousiaste, La Tempête des Tropiques, autre média de Kinshasa, ne dit pas le contraire. « Apaisement et sérénité à l’horizon : Le MLC renoue avec la CENCO, Kabila encourage les Evêques », titre-t-il, avant de préciser les faits : « Le Mouvement de Libération du Congo (MLC), par le biais de Mme Eve Bazaiba, secrétaire générale et coordonnatrice du Front pour le Respect de la Constitution, (…) a annoncé, hier jeudi 05 janvier au siège de son parti, pour très bientôt la signature de l’accord du centre interdiocésain ».

C’est avant de noter que Joseph Kabila a renouvelé son soutien à la médiation des évêques catholiques « alors que les mauvaises langues de la nouvelle majorité présidentielle parlent de l’accord signé le 31 décembre comme d’une entente non inclusive. »

Mais un jour seulement après, le 7 janvier, c’est une grande inquiétude qui saisit La Prospérité, autre média kinois qui voit la RDC cheminer « vers une nouvelle impasse ». Elle voit même « la CENCO devant une équation à trois têtes ! »

Tout donne à croire que la RDC va vers une nouvelle crise, fait voir La Prospérité. Le premier ministre Samy Badibanga nommé à l’issue du premier dialogue jugé non-inclusif, refuse toujours de signer le tout récent accord sous la médiation des évêques catholiques, la CENCO. Avec ses collègues José Makila et Jean-Lucien Busa, ils auraient à redire à cet accord, alors que le Front pour le respect de la Constitution complique les choses en demandant de présider le Comité de suivi de la transition, poste pourtant promis à l’UDPS d’Etienne Tshisekedi.

Pendant ce temps, la Majorité présidentielle qui dit avoir signé l’Accord du 31 décembre sous réserve d’inclusivité, serait tentée de saisir la Cour conditionnelle contre des dispositions du de cet accord estimé contraires à la Constitution. « Dans des cénacles de ces camps diamétralement opposés, l’idée d’une véritable impasse prend chaque jour davantage, ses vraies marques. C’est comme si après le 31 décembre 2016, le semblant d’embellie affiché donne lieu à penser qu’on en (est ?) revenu à la case départ. Les débats sur les deux Accords font rage », commente La Prospérité.

Pour La Libre Belgique, la situation devient tendue encore en RDC lorsque refuse de démissionner, le premier ministre Samy Badibanga, ce « transfuge de l’Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS) de l’opposant historique Etienne Tshisekedi wa Mulumba. » C’est quand RFI (Radio France Internationale) constate que la RDC connaît « plus de problèmes que de solutions après la signature de l’accord. »

RFI écrit : « Est-ce l’impasse en République démocratique du Congo ? Les évêques ont décidé de partir pour quelques jours après avoir tenté d’amener les derniers réfractaires à signer l’accord. Vendredi 6 janvier, la conférence épiscopale a rencontré le Premier ministre Samy Badibanga et son camp. Mais, selon toutes évidences, une semaine après la signature de l’accord, ils ont trouvé plus de problèmes que de solutions. »

Coup d’œil sur les réseaux sociaux

Ce rebondissement dans l’actualité politique de RDC nourrit les réseaux sociaux de commentaires des Internautes, particulièrement sur Twitter.

« En attendant l’annonce de l’échec, merci CENCO pour avoir tenté l’impossible. Le miracle ne viendra pas. Il y avait déjà des signes éloquent », commente LUBAYA Mwena Congo, message repris par plusieurs Twittos.

Paulette Kimuntu, quant à elle, s’amuse à lancer de défi : « Que celui qui n’accepte pa l’Accord #CENCO lance une ville morte. Test grandeur nature. »

Il y a aussi des mises en garde, comme celle attribuée au mouvement citoyen Filimbi dans ce tweet d’Adrien Seyes : « Soit Kabila applique l’accord et il partira en dec 2017. Soit il ne l’applique pas et il sera chassé du pouvoir » (membre @filimbi243 #RDC). »

Enfin, ce tweet du défenseur des droits humains de l’ONG ASADHO, Jean Claude Katende ‏ : « Sagesse appelle Samy Badibanga à signer l’accord politique avant que Kabila ne puisse le désavouer. Kabila lui-même soutient accord. »

La semaine qui commence révélera sans doute de nouveaux rebondissements. Mais décidément, la RDC risque de plonger dans une nouvelle crise alors que l’on l’a crue partie sur de nouvelles bases.

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4 réflexions sur “ Revue de presse : vers une impasse politique en RDC ”

  1. la sagesse africaine laisse croire, après la première évangélisation,que quand le chef du village s’est fait baptisé par les missionnaires,tous ses sujets-notables soient-ils obéissent et font de même.Avec la volonté manifeste du Président Kabila à faire aboutir cet accord,que certains semblent dire avoir signé »sous réserve »,mr Badibanga doit user de sa sagesse pour signer avant de se voir viré par la présidence de la République.Qu’il aille l’élégance de démissionner tout simplement pour son honneur.

  2. Tous ceux-ci rejoint mon pessimisme par rapport à la cohabitation entre MP en rassemblement bref entre Kabila et tshisekedi. Toute fois pour sauver sa peau il n’est pas exclu que Kabila pourra dans son calme désavouer plusieurs flatteurs dans son siage. Vous vous rappelerez que Kabila n’a jamais reconnu les génies de ces collaborateurs lorsqu’il dit dans l’un de ses discours le Congo n’a besoin que 15 personnes autour de la personne du chef de l’État. Autrement dit les chanteurs ministres et majorités sont nuls.

  3. Tout cela était prévisible ! Mais ce qui me laisse ahuri, c’est que Samy Badibanga puisse refuser de démissionner et que puisse le laisser faire celui qui l’a nommé et qui prétend soutenir l’accord et qui n’est autre que Kabila !