Plénière assemblée nationales, installation du gouvernement Ilunga, Kinshasa 2019, ©Habari RDC
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Une affaire de sexe qui érode l’« honorabilité » des députés et des ministres

L’affaire a failli coûter des coups au ministre de l’Intérieur de la RDC. Et déjà, deux députés écopent d’une suspension voulue « exemplaire », à l’Assemblée nationale. Mais Atou Matubuana au cœur de la controverse, et qui vient à peine de retrouver son siège de gouverneur élu du Kongo Central, retrouve aussi ses affaires où il les avait laissées. À cela s’ajoute une procédure de destitution qui sonne comme un combat des gladiateurs.

« Confusion ! », s’exclame Le Potentiel, pour commencer cette revue de presse. Le mercredi 4 décembre, soit moins d’une semaine après sa réhabilitation comme gouverneur du Kongo Central, Atou Matubuana était visé par une motion de défiance à l’Assemblée provinciale. La province reste divisée, explique le journal, sur cette procédure.

Une sextape qui agite députés et gouverneur

Tant attendue, « la plénière était émaillée de tensions et de casses ». Le Potentiel explique en plus que le Front commun pour le Congo a dit son mécontentement de voir réhabilité le gouverneur, pourtant dont il est issu, après sa suspension dans une affaire de sexe filmée, impliquant son assistante et son vice-gouverneur. Affaire dans laquelle le gouverneur a été suspecté de complot.

« Le Kongo-Central est sacrifié sur l’hôtel des intérêts privés », écrit Radio Okapi, citant la société civile de la province. La province a tourné au ralenti durant les 3 mois qu’a duré la suspension du gouverneur. Elle rapporte aussi que la déchéance du gouverneur lors de la séance plénière de l’Assemblée provinciale, délocalisée dans un hôtel de la place mercredi 3 décembre, « n’a fait qu’enfoncer le clou ».

Pour le mouvement pro-démocratie Lutte pour le changement (Lucha), cette réhabilitation du gouverneur Matubuana et son adjoint Luembe est simplement « honteuse ». Puisque, écrit Cas-info, aucune suite judiciaire n’a été donnée à l’affaire sexuelle. Pour la Lucha, indique le média, cette réhabilitation du gouverneur et de son adjoint « est […] aussi scandaleuse que les faits qui avaient conduit à leur suspension ».

Tensions à l’Assemblée nationale

Cette « scandaleuse » affaire, l’Assemblée nationale s’en est vite saisie. Et le ministre de l’Intérieur, Kankonde, membre du parti présidentiel (UDPS), devait expliquer aux députés les raisons de la réhabilitation par lui, de ces deux dirigeants. Deux députés, en colère contre le ministre, ont failli l’agresser physiquement. Résultat : ils ont été suspendus de leurs fonctions, explique pour sa part, Actualite.cd. Le parti présidentiel a vivement critiqué cette agression en parlant d’acte « barbare et incivique ».

Et dans une autre information, ce média rapporte que le Premier ministre, surpris d’apprendre que son ministre a réhabilité les dirigeants du Kongo Central, il a adressé une demande d’explication à Gilbert Kankonde.

Pour La Tempête des tropiques, le Premier ministre et son ministre se sont répondu « de loin ». Ce que le média interprète comme signe d’un malaise au sein de la coalition gouvernementale FCC-Cach. « En tant que vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et Sécurité, Gilbert Kankonde est la deuxième personnalité au sein de l’exécutif national, explique le média. Ajoutant qu’« Une action disciplinaire initiée contre sa personne par le chef de ce gouvernement central ne devrait donc pas être portée sur la place publique, comme cela semble être malheureusement le cas ».

Pour Le Phare, le « jeu de ping-pong entre Ilunga et Kankonde » est simplement « inquiétant ». puisque Gilbert Kankonde, réagissant sur la radio Top Congo, a déclaré ne pas avoir reçu « la fameuse demande d’explication du Premier ministre », rapporte Le Phare. Il s’est plaint, lui aussi, poursuit le média, « d’avoir appris l’information [sur] des médias » et a mis quiconque au défi « de lui produire les lettres par lesquelles il aurait suspendu puis réhabilité le gouverneur Atou Matubuana ».

 

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