Cortège des wewa, ou motards de Kinshasa qui crée un embouteillage sur la route de Magasin, Kinshasa 2019, @HabariRDC
article comment count is: 0

Wewagate ou le bras de fer entre motards et policiers

A Kinshasa, les conducteurs des motos-taxis sèment la terreur et défient parfois la police. Ils attaquent des bus et imposent leur « loi ». Nous voyons de plus en plus de cas où des individus règlent des problèmes qui touchent l’ensemble de la société, sans se référer aux autorités attitrées.

Bien que moins sécurisante, la moto c’est rapide et pratique dans une ville comme Kinshasa qui n’a pas assez de routes asphaltées. Les wewa, comme on les appelle dans les rues de Kinshasa, conduisent sans respecter le code de la route ni les règles de bienséance. Ils sont eux-mêmes les premières victimes des accidents qu’ils causent.

Ils roulent à vive allure et transportent parfois des objets trop lourds. Pourtant, ce sont eux qui conduisent nos enfants, sans tenir compte de la capacité de leur siège qui ne devrait prendre que deux personnes, comme l’a décrié Linda, une internaute, sur Twitter.

Les motos-taxis, un transport incontrôlé ?

Plusieurs d’entre les wewa n’ont pas de casques. Ceux qui en ont ne les mettent pas. L’hôtel de ville reste pourtant silencieux sur ce comportement alors que nous comptons des victimes chaque jour. Certains pays ont pris leurs responsabilités en veillant strictement à l’immatriculation des motos et au respect des mesures de sécurité.

Au Rwanda par exemple, dans la ville de Kigali, rares sont les désagréments dus au trafic des motos-taxis. Les motards et leurs clients, tous portent des casques de protection. Ils le font sans être contraints par la police de roulage.

A Kinshasa, par contre, le plus inquiétant c’est que les wewa ne sont pas immatriculés et se montrent très hostiles lors d’un accident impliquant l’un d’eux. Ils vont jusqu’à s’organiser en bande de criminels pour incendier des bus de transport en commun sans être ni arrêtés ni poursuivis. Ils ont incendié un bus « Esprit de vie » après avoir sommé les passagers de descendre.

Les wewa ne sont pas nos ennemis

Cependant, on ne peut accepter que les agents de l’ordre, tenus par la discipline et le respect des lois, s’adonnent à des exécutions extra-judiciaires contre les wewa, comme s’ils leur livraient une guerre.

Il y a quelques jours, un motocycliste tombait sous le coup d’une balle tirée par un policier. J’ai vu deux policiers, l’un avec une matraque à la main, sauter sur un motocycliste au rond-point Victoire dans la commune de Kalamu, non loin de la place des artistes. L’un voulait à tout prix s’emparer de la clé de contact de la moto, tandis que l’autre essayait de neutraliser le conducteur. Ce père de famille a beau résister mais s’en est tiré avec une chemise déchirée.

Des mesures doivent être prises par les autorités urbaines dans ce domaine car ça urge. Des individus ne peuvent pas se faire justice eux-mêmes. Bien sûr, on a besoin de la justice, mais pas celle de la jungle. Chacun doit se conformer à la loi. C’est cela l’Etat de droit.

 

Partagez-nous votre opinion