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​Dialogue de l’Eglise catholique, dernière chance pour la paix

Relancée onze jours après la signature de l’accord politique de la cité de l’Union africaine, la mission de la Commission épiscopale nationale du Congo (CENCO) a fini par aboutir. Ce vendredi 09 décembre commence un nouveau dialogue en format réduit autour de l’Eglise catholique mais dit « plus inclusif » pour éviter au pays de plonger dans le chaos à l’approche du 19 décembre 2016.

Si le nom de ces nouvelles assises qui vont se tenir au centre interdiocésain dans la commune de Gombe à Kinshasa partage encore les participants, au moins le résultat espéré est le même : trouver un consensus pour sortir de la crise actuelle, et organiser des élections apaisées et crédibles pour une première alternance pacifique au pays, 56 ans après son indépendance.

Au total 30 délégués prendront part à ces assises, répartis équitablement entre les deux composantes : soit 15 délégués pour les signataires de l’accord du 18 octobre dont la majorité présidentielle, l’opposition pro-dialogue et une frange de la société civile, et 15 autres pour le Rassemblement, le MLC et la société civile non-signataire de l’accord.
Dans un communiqué publié par la CENCO, six points méritaient un rapprochement :

  •  La compréhension du concept du respect de la constitution et de ses applications en rapport avec la crise actuelle,
  • Le processus électoral : la séquence des élections, le calendrier, le financement des élections, l’indépendance de la CENI et du conseil supérieur de l’audiovisuel CESAC,
  •  Le fonctionnement des institutions pendant la transition,
  •  Les mesures de décrispation politique,
  •  Les mécanismes de suivi de l’accord politique,
  •  La forme de compromis politique à trouver.

« C’est la continuité du dialogue, il faut aujourd’hui harmoniser les points de vue afin que les esprits s’apaisent », a dit à la presse l’abbé Jean-Marie Bomengola de la commission sociale de la CENCO. « Ce que nous attendons de ces assises est que nous puissions tous voir les choses de la même manière, que nous puissions nous entendre sur l’essentiel afin qu’il y ait la paix et l’harmonie entre tous », ajoute-t-il.

Un semblant de bonne foi pour plaire à la communauté internationale, mais un accord presque impossible à réaliser.

Dans une réaction sur les réseaux sociaux, Honorable Muhindo Nzangi Butondo du G7 a expliqué le dilemme que concentre ces négociations : « Le Rassemblement ne signera l’accord que si toutes les garanties pour la tenue rapide des élections sans aucune possibilité de voir Kabila candidat. Dans ces conditions la signature de l’accord par Kabila sera un renoncement définitif à son plan. Il aura donc pris tous ces risques pour rien. La CENCO et ses alliés de la communauté internationale ne sont pas neutres, leurs lignes rouges sont celles du Rassemblement, c’est à dire élections en 2017, engagement public de Kabila à ne pas se représenter, recomposition totale de la CENI et sa mise sous tutelle de l’ONU. Ce dont Kabila ne veut pas entendre parler. Kabila a besoin d’un accord flou qui lui donne la possibilité de gérer à sa manière la suite des évènements, ce qu’il n’obtiendra pas du Rassemblement. »

Avant de conclure : « Les deux parties acceptent le principe de dialoguer sans y croire, pour faire plaisir à la communauté internationale et ne pas porter la responsabilité de l’échec des négociations, mais en réalité tous se préparent pour la grande bataille. »

Ce jeudi les travaux ont été lancés et les noms des participants proposés. Les négociations débutent ce vendredi. Quelques mécontents se sont manifestés tout au long de la journée, comme l’opposition républicaine (dont fait partie l’actuel président du Sénat Léon Kengo Wa Dondo) qui a dit récuser les membres de l’opposition pro-dialogue choisis, car ses propres membres ne sont pas représentés.

A dix jours de la fin du dernier mandat constitutionnel de Joseph Kabila, tous les espoirs reposent sur le fruit de ces assises. Mais même si un consensus était trouvé, les mouvements citoyens comme la LUCHA (lutte pour le changement) et Filimbi promettent quils ne reconnaîtront aucun accord qui puisse impliquer le maintient de Kabila au pouvoir au delà du 19 décembre. Pour eux, le peuple reprendra son pouvoir dès le 20 décembre 2016. Ce sera l’aboutissement de leur campagne « Bye bye Kabila ».

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