Faut-il abandonner les soutiens-gorge ?

Au-delà de sa réputation de capitale d’ambiance, la ville de Kinshasa se distingue souvent par ses phénomènes de mode atypiques. Le soutien-gorge, indicateur majeur de la féminité perd sa place sur les poitrines.  Nous assistons désormais à un phénomène d’habillement assez surprenant. Des femmes sans soutiens-gorge, les seins libres sous leurs chemisiers, blouses et t-shirts. Elles avancent plusieurs raisons à ce sujet.

Le soutien-gorge connu depuis toujours comme un sous-vêtement qui préserve la forme galbée des seins de la femme perd de ses adeptes. Les filles de Kinshasa bougent au rythme de la mode où elles préfèrent s’habiller sans soutien-gorge, une situation très visible dans les milieux universitaires, scolaires, professionnels, et même ecclésiastiques.

Sous une après-midi ensoleillée à Kinshasa, je m’arrête devant la Chancellerie des ordres nationaux située sur le boulevard du 30 juin. Je vois des jeunes filles passer sur la route. Curieusement, plusieurs d’entre elles n’ont pas de soutiens-gorge sous leurs blouses et chemises. Je n’en crois pas mes yeux et je ne suis pas la seule à être étonnée.  Impossible de me retenir face à cette situation. Je décide alors de m’approcher de celles qui se tenaient juste devant moi. Sandra et Jenny, ce sont leurs prénoms, deux filles majeures, la vingtaine révolue.

De plus en plus de filles contre le port du soutien-gorge

Nous entamons la conversation sur cette façon de s’habiller qui est toute nouvelle pour moi. Pour Sandra, à part la chaleur, le soutien-gorge serait une source du cancer du sein. Raison pour laquelle, elle se promène laissant les seins libres de tout mouvement. Sandra n’est pas la seule à penser et à agir ainsi, plusieurs autres filles pensent et agissent de la même manière. Ne se basant sur aucune  preuve scientifique, la demoiselle est convaincue que le soutien-gorge cause le cancer de seins.

La fille me développe même une théorie qui s’apparente presque à la théorie du complot. Un complot contre les seins des femmes africaines. Mais c’est un gros cliché que je n’avale pas du tout. Cette jeune fille dit avoir remarqué des types de soutiens-gorge « avec du gel dans les poches de rembourrage ». Elle déclare : « Des fois, on trouve, à l’intérieur de ces poches, de petites boules dont on ne sait ni l’origine, ni l’utilité. On découvre cela de fois après un temps d’utilisation. »

Pour ces filles, ce gel étrange serait une substance cancérigène lorsqu’elle est chauffée par la haute température de Kinshasa.

Heureusement, tout est faux ! D’abord il faut savoir qu’il existe plusieurs types de soutien-gorge. Ce gel est souvent retrouvé dans les soutiens-gorge de modèle push-up ou ampliforme. Il est placé pour augmenter la hauteur des seins et donner un aspect naturel à la poitrine. Les gels utilisés sont généralement de la glycérine ou  le gel de silicone liquide.

Quant à Jenny, l’autre fille, les températures de ces derniers jours ne lui permettent pas de mettre ce « truc », dit-elle. Un raisonnement qui me parait logique, il ne fait pas moins de 30°C ces derniers jours à Kinshasa. La demoiselle explique qu’elle se sent si étouffée qu’elle a du mal à mettre même certaines tenues moins lourdes ou de couleurs sombres. Une explication claire mais qui me laisse tout de même perplexe. La chaleur de Kinshasa ne serait forte qu’au niveau des seins ?

Mythe ou réalité ? 

D’après un article paru sur le site français RTL, une étude scientifique prouve que le soutien-gorge ne servirait à rien. A priori c’est peut-être vrai ! Mais rien ne confirme que le soutien-gorge serait à la base du cancer des seins.  Le port de soutien-gorge reste toujours encouragé par les médecins.

Dans les pays où il fait très chaud, porter le soutien-gorge de couleur noire n’est pas très conseillé. C’est plus une question de confort qu’une question de santé. Ainsi, il est conseillé de porter le soutien-gorge en tenant compte du climat.

Les filles peuvent avancer comme raison le cancer ou la chaleur, mais je pense que la vraie raison est ailleurs. Ce qui est sûr, sortir sans soutien-gorge est un phénomène qui prend de l’ampleur à cause de la mode. Cette habitude est véhiculée par la star américaine Kim Kardashian. Les jeunes filles de Kinshasa s’identifient à elle en se promenant souvent sans soutien-gorge mais avec un simple singlet.

Bien sûr, la tendance prend de l’ampleur, mais le soutien-gorge n’est pas prêt à disparaître. Sommes-nous toujours obligées de suivre tout ce que nous propose la mode ? Si certains sont addicts à Internet, d’autres deviennent plutôt addicts à la mode. A chacun son addiction.

 


Vous pouvez lire aussi : Être nappy à Kinshasa, plus qu’une question de mode, un retour à nos origines

Articles récents

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

3 réflexions sur “ Faut-il abandonner les soutiens-gorge ? ”

  1. Lynn heureuse que tu en parle .
    il n’y a pas que que Kim Kardashian comme modèl mais aussi les wags de Miami .
    il yen a qui mache nue .
    ces comportement laisse a désiré.
    que direz t elles des tchiadiennes , maliennes et des senegalaises qui portenr le soutiens-gorge sous un soleil ardant .
    mode ekoboma bâ kinoise.

  2. Sujet intéressant surtout que ce dernier nous vivons de phénomènes méconnus jadis, et ce phénomène de soutient gorge je l’ai personnellement vécu à bandal.
    Et c’est intéressant d’éclaircir l’opinion sur les spéculations qui rongent notre jeunesse.
    Surtout Félicitations à la rédactrice pour son œil dans ce fait de société.

  3. Bonjour,
    Vu de France j’ignorais que la mode du nobra prenait également à Kinshasa ! Dans mon esprit, le soutien-gorge gagne l’Afrique et le monde entier, avec cette image obsédante de la femme moderne, comme si tout ce qu’il y avait avant était à jeter. Pourtant il s’agit d’une erreur magistrale puisque cet accessoire est une orthèse qu’on applique à des femmes qui pour la plupart n’en ont aucun besoin, c’est une pratique absurde…

    Le SG n’empêche pas la poitrine de s’affaisser, c’est même tout le contraire, plusieurs études le montrent sans ambiguïté.
    Quant au cancer du sein, mon idée n’est pas de vous prendre de haut, mais vous semblez mal renseignée. Plusieurs études font le lien entre cancer du sein et port du soutien-gorge, dont celle de Nicholas Othieno-Abinya en 2015 à Nairobi.
    Vous trouverez les liens des études sur mon blog http://www.freetheboobies.fr sur les dangers des soutien-gorges.

    Quant au gels de certains SG, je ne sais pas ce qu’ils contiennent exactement. Difficile de trancher sans analyses poussées sur ces substances et sur les additifs.
    Par contre vous dites : « Il est placé pour augmenter la hauteur des seins et donner un aspect naturel à la poitrine. » Je ne vois pas en quoi donner une forme standardisée aux poitrines est naturel ! Tous les seins sont différents dans leur forme et leur aspect… et assez loins des standards actuels. Rechercher une standardisation des seins, c’est générer des complexes sérieux chez les femmes et en particulier les jeunes filles !

    Je suis toujours effaré de constater que de nombreuses femmes agissent davantage suivant des tendances initiées par des stars que pour leur propre santé, il y a là un problème de fond…

    Merci d’avoir évoqué le sujet des soutien-gorges. J’espère que ma contribution permettra à de nombreuses femmes de se libérer de ce genre de modes qui vont à l’encontre de leurs intérêts.