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Les massacres de Beni obligent des filles à se prostituer

Après avoir échappé à un crash d’avion lors de mon dernier voyage de Kinshasa, ce jeudi soir avec des amis j’ai décidé d’aller fêter ma chance en sortant danser. J’y ai croisé un visage connu… Christine, cette fille pleine de vie. Je l’avais vu il y a sept ans à Beni. Elle était alors en deuxième secondaire. Aujourd’hui, elle fait la prostituée à Goma.

Christine a perdu ses parents lors des massacres de Beni et aujourd’hui elle ne peut compter que sur elle-même. Elle n’a pas pu retenir ses larmes en me reconnaissant, mais elle a accepté de me raconter son histoire. Elle était l’une des filles les plus intelligentes de sa promotion. Au concours des génies en herbes que j’avais organisé au lycée à l’époque, elle était parmi les meilleurs récipiendaires alors qu’elle n’avait  que 14 ans. A la finale du concours, je lui avais remis un prix du mérite. Aujourd’hui, elle a abandonné l’Université. C’est un choc de la voir contrainte à se prostituer.

« Que t’est-il arrivé ? », lui ai-je demandé. Pleurant elle m’a répondu : « Celui qui payait mes études était un oncle vivant à Eringeti,  il y exploitait un gros champs et du cacao. Il a été parmi les premières victimes des égorgeurs de Beni. Avec sa mort,  plus personne ne pouvait me payer l’Université que je venais tout juste de commencer. Moi qui vivait à Beni, je me suis retrouvée livrée à moi-même ! Au début des amis me venaient en aide pour manger, mais très vite ils se sont fatigués. Et je ne leur en veux pas. »

Les parents d’un ami acceptent de l’héberger. Mais les choses se sont aggravées. « Le père de l’ami venait dans ma chambre toutes les nuits et sollicitait mes faveurs ! Au début il ne prenait pas très mal que je le repousse…  Puis peu à peu, il passa aux menaces de me chasser de la maison si je ne cédais pas à ses avances sexuelles. Je n’avais plus d’autre choix que d’accepter. Il me donnait en retour de l’argent et des cadeaux. A 19 ans j’étais ainsi presque devenue son objet sexuel. » C’est ainsi qu’elle réussit à payer la fin de sa première année d’Université en développement rural.

« Je ne pardonnerai jamais à notre gouvernement »

Mais la maîtresse de maison qui avait des soupçons, les surprend. Elle est mise à la porte de cette famille en septembre 2015. Elle sollicite de nouveau ses amis. Mais désormais, ils lui font comprendre que toute aide aura un prix. « Je m’y abandonnais », avoue-t-elle. « Il y a huit mois trois anciennes amies d’enfance m’ont appelées et m’ont parlé du marché très développé des hommes ici à Goma et ses environs. C’est ainsi que j’ai atterri ici, explique-t-elle. J’épargne désormais pour reprendre la deuxième année d’université bientôt. »

Inquiet pour sa santé, je lui demande si elle se protège. « Les clients sont très exigeants des fois. En plus, je n’ai plus rien à perdre après avoir perdu ma famille dans les massacres de Beni. Je ne sais pas si j’ai le sida ou non, et je ne ferai pas le test pour ne pas me mettre plus de stress. Je le ferai peut-être si je finis mes études, avant de commencer à travailler », détaille-t-elle. C’est avec beaucoup de colère qu’elle décrit sa situation : « Je ne pardonnerai jamais à notre gouvernement de n’avoir pas protégé mon oncle et le reste de ma famille. Aujourd’hui on est huit filles venues de Beni qui nous prostituons à Goma. A Oicha, Butembo, Kiwanja et dans d’autres villes, elles sont aussi nombreuses. Je n’aurai jamais cru devoir en arriver à ce niveau », a-t-elle fini dans un sanglot.

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Les commentaires récents (29)

  1. C’est avec larmes aux yeux que j’ai lu cette publication.Seul DIEU punira et jugera les dirigeants congolais.

  2. c’est bien de partager une expérience malheureuse avec les autres, cependant il mieux d’être discret sur les peines des autres si et seulement si vous êtes incapable de leurs venir en aide et surtout en silence et humilité. quelle est ta leçon constructive? quel est ton apport pour aider cette fille? et si c’était ton histoire, allais-tu indiquer ton nom et le publier sur la toile vraiment? c’est vraiment ça ta sagesse? tu en-veux au gouvernement, tu sais pas leur envoyer un message à plis fermé au lieu de le publier? Éviter de vous rendre compatissant indiscret aux peines des autres.

    1. Je suis vraiment desolé Burno mais c est important que les gens connaissent ces histores. Ecrire au gouvernement à « plis fermé » n est pas suffisent. Nous avons besoins de connaitre les consequences horrible de la guerre, à dénoncer les abus sexuels qui existent egalement dans les familles et a aider les « hommes bien »à sensibiliser leurs freres à ne pas commettre de tels actes. Les generations à venir en lisant ça comprendrons à quel point faire la guerre détruit de plusieurs manieres et de lutter encore plus pour la paix. Alors oui, il est tres important d avoir ce genre de témoignage. De plus dans le journalism on ne publie jamais sans l accord de la ou du concerné et on garrantie l anonyma. Merci a cette jeune demoiselle d avoir partegé son histoire. ca donne le courage d aider celles qui sont Dans les memes conditions.

  3. Elle devrait aborder les églises et servir le Seigneur au lieu de se prostituer jusqu »à ce niveau. Elle peut encore changer c’est possible.

  4. Dieu regarder la foi ci tout’une foi vous allié au chose qui ne caserne pas la paroles vous ale tout droit a n’a fair rien n’arrive par asar et tout concours a chaque qui croi a la paroles de Dieu…rom8/28

  5. vraiment c’est écœurant
    cette situation de guerre laisse tjrs de stress fatal dans nos coeur. ma jeune soeur prend courage abondonne
    Dieu te viendra en aide

  6. MA SOEUR C’EST QUE JE VAIS TE DONNE COMME CONSEILS DANS LA VIE IL FAUT LAISSE NOTRE SEIGNEUR DIEU NOUS CONDUITEZ MALGRE NOS PEINE , PRENDS LES TEMPS POUR CONCENTRE EN CHRIST COMME VOTRE DERNIÈRE ESPOIRE UN JOUR MON DIEU VA TE FAIT GRACE DITE AMEN AVEC TOUTES LA FOI ET ESPOIRE JESUS VA TE PROTEGE CONTRE TOUS LES MALADIES

  7. heureusement la bible nous interdit de ne point juger mais concernant nos dirigeants congolais ils le payeront trop cher à la longue, souvenez-vous de la mort de MOBUTU, Dieu merci la fille est en vie malgré elle a perdue sa famille mais tout le monde est sa famille maintenant. que Dieu vous bénisse d’avoir publier cette publication

  8. Vraiment elle a raison de faire ça,mais un p’tit conseil il faut avoir l’habitude d’aller à l’hopital avant de faire des rélations sexulles pour éviter des maladies.Bonne Chance

  9. C’est le problème du gouvernement. Il faut que notre armée soit bien prise en charge. Demandons l’aide de Dieu et prions sans cesse.

  10. la faillite d l protection d civile tant decriée par ds organisation internationale n gache plus cs preuves.cette fille poivait dvenir mem criminel mais elle a pris une autre option por sa survie.DIEU l’aidera a quiter cette vie car c n pa cq’elle a choisi.

  11. Aaaah, mais pourquoi t’avait pas consulter les hommes de Dieu? Christine, je te conseil juste de chercher Dieu laisser cette vie de faire la prostitution.

  12. vraiment je viens juste de l’Église, mais l’histoire ma beaucoup choquer! !! si c’est vrai l’histoire, je n’ai pas de moyens matériel pour t’aidé mais le Créateur n’est pas injuste les impossibles sont possible pour lui. cherche toi une Église tout proche de toi et Prié avec Fois tu aura la solution
    que Dieu te bénisse et te donne de la chance dans ta vie.
    mais non à la prostitution c’ps la solution.

  13. que dieu est pardon, amour…, qu’elle pardone tous ce qui ont ces actes. quant à elle, dieu est grand et il l’aime, <>

  14. l’atrocités de la haine , nous devons prendre conscience de notre façon de voir nos voisin , cultivons l’amour pour éviter ces affreux événements

  15. Un récit triste qui dénote aussi de l’importance d’avoir des groupes d’encadrement psychologique dans des zones de crise…

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