article comment count is: 3

« Assez » : Malu NCB chante pour interpeller les Congolais

Malu NCB, de son vrai nom Maurice Alimasi Lumona, est un artiste en vogue à Bukavu au Sud-Kivu. Il a sorti un tube intitulé « Assez » où il dénonce les dérapages des dirigeants congolais. Sa musique s’inspire des événements tragiques qui surviennent en RDC et dont les Congolais sont témoins tous les jours.

Cet artiste engagé de 24 ans espère que son succès pourrait aider à changer les choses localement, et pourquoi pas au niveau national. Dans sa carrière musicale, Malu NCB a eu la chance de remporter le prix NTH (Nouveau Talent Hip hop) au Sud-Kivu. Habari RDC lui a posé quelques questions.

Habari RDC : Qu’est-ce qui t’a poussé à écrire cette chanson « Assez » devenue un succès local ?

Malu NCB : Ce qui m’a inspiré ce sont les réalités observées dans le pays depuis un temps. Beaucoup d’enfants souffrent : ils n’ont pas accès à l’éducation, certains sont abandonnés dans les rues. Les jeunes n’ont pas de boulot alors qu’ils ont des diplômes ! Il y a également les événements tragiques survenus dernièrement. C’est le cas par exemple de la mort d’une femme du nom de Furaha emportée par les eaux de pluie ici à Bukavu ; je n’oublie pas l’assassinat des changeurs de monnaie et des bookmakers en plein centre-ville de Bukavu ; l’assassinat également du docteur gynécologue Gildo Byamungu abattu chez-lui à Uvira. Ce docteur était un proche du très célèbre Denis Mukwege. J’ai également une pensée pour ces frères qui, après avoir terminé leur bac+7 en médecine, faute d’emploi, deviennent de petits commerçants… C’est trop triste. Cela me fait trop mal.

Depuis quand fais tu de la musique engagée ?

Je fais de la musique engagée depuis un certain temps. Je me dis que la musique est aussi une arme ! Elle fait passer rapidement un message. À travers ma voix et ma renommée, je peux aider à changer les choses en appelant tous mes compatriotes à la prise de conscience. Je ne suis pas cet activiste qui ne crie que sur les autorités, je m’adresse aussi à mes concitoyens. La question à se poser pour tout Congolais est la suivante : qu’ai-je fais jusqu’à présent pour que mon pays fasse un pas en avant ?

Après « Assez »,  à quel autre fléau de la société vas-tu t’attaquer ?

Après le succès de « ​Assez​ », je crois que je continuerai sur la même lancée et je ferai beaucoup plus de chansons éducatives et de sensibilisation. Pour le moment, je prépare une chanson de ​lutte contre la tuberculose​. C’est juste pour demander à mes frères et sœurs, pères et mères de se faire dépister afin de lutter contre cette grave maladie. L’amour est le plus grand commandement, j’y penserai aussi un peu.

As-tu personnellement été victime de choses que tu dénonces dans la chanson ?

Il y a un passage où je dit : « kupata kazi njo imekuwa shida, je kusoma niku poteza muda ? Ama ni mu Congo tui eeh mollah ? » Je me demandais si étudier était devenu une perte de temps et d’argent en RDC, car trouver un boulot est devenu plus qu’un défi ! Tu me demandes si j’ai été victime ? Je dirai oui. Mon père est nutritionniste, il n’a jamais travaillé dans ce domaine. Il fait autre chose aujourd’hui juste pour que notre famille survive. Ma mère est infirmière, mais à cause du salaire dérisoire, elle est obligée de faire du petit commerce afin que nous puissions avoir de quoi payer notre scolarité, mes frères et moi. Puis il y a un souvenir terrible : j’ai perdu un oncle ​Luala Dunia​ à Fizi, assassiné sauvagement… Moi-même je suis étudiant, mais je n’ai jamais reçu de bourses d’étude. C’est choquant, avec toutes ces richesses qu’il y a dans ce pays.

Quel est enfin ton principal message à tes frères congolais ?

Mon grand message est : « Le changement, c’est maintenant. Il commencera par toi et par moi. » Un ami,​ Armand Tequiero​, paix à son âme, m’a toujours dit : « Les choses que nous faisons, minimes soient elles, nous devons les faire car personne d’autre ne le fera à notre place. »

Il nous appartient, à nous jeunes, de décider de ce que va devenir notre pays. Ne nous laissons pas manipuler par les acteurs politiques. Je finis en disant : tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Le meilleur reste à venir​. Vive la jeunesse congolaise ! Vive la RDC !

Pour écouter la chanson « Assez » cliquez ici

Partagez-nous votre opinion

Les commentaires récents (3)

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure utilisation sur ce site web.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Si vous souhaitez en savoir plus sur les cookies que nous utilisons, veuillez lire notre politique relative aux cookies.