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Le cumul des mandats électifs favorise le népotisme en RDC

Obtenir plusieurs mandats électifs au cours d’un même processus électoral pour les exercer seul ou par suppléant interposé, est un abus qui s’ancre davantage dans le jeu politique congolais. Aujourd’hui, plusieurs personnalités politiques, élues à la fois députés nationaux et provinciaux, sont également en lice pour les élections des sénateurs.

Présidentielle, législatives et provinciales, tous les cycles électoraux ont enregistré des candidatures cumulées des mêmes personnes  lors des dernières élections. Et comme on aime fièrement à dire dans la politique congolaise, « tout est motivé par le peuple et pour le peuple ». Ainsi, tous les cumuls se font au nom du bien-être du peuple, de la vocation et de la sollicitude à le servir. Les cumulards revendiquent résolument d’incarner l’amour et les aspirations du peuple. « Le pouvoir venant du peuple, comment pourrions-nous obtenir doublement mandat de le représenter sans qu’il nous soutienne ? », arguent-ils souvent.

Au nom du soutien populaire

Le cumul s’affiche donc comme un symbole d’ancrage populaire et de charisme politique de celui qui l’exerce. Mais en réalité, le seul mérite du cumul est de satisfaire l’égoïsme de ceux qui en jouissent. Il ne sert ni la démocratie ni la manière d’exercer les mandats.

En plus de satisfaire l’avarice politicienne, le cumul est le syndrome d’un mal caractéristique de l’homme politique congolais, à savoir l’obsession du pouvoir. Le pouvoir et les mandats sont  devenus une faim pressante et insatiable. Ils hantent les politiciens. Quelque soit le chemin qui y conduit, on y va ! Ainsi la sphère politique congolaise est un théâtre permanent de chasse aux postes politiques. Cela se fait par des débauchages, corruption, défections, ruptures, revirements… pourvu qu’on décroche un mandat. L’idéologie ne devenant finalement qu’un leurre. Et pour se justifier de leurs inconstances, les politiciens disent :  « La politique est dynamique. »

Cumul de mandat, arme du népotisme

Le cumul est non seulement une stratégie de positionnement politique, mais aussi une arme du népotisme. Les candidats au cumul sont souvent des personnes d’influence. Leur réputation provient souvent de la fortune dont ils disposent. Ils se prévalent de leur rang et exercent leur influence pour obtenir des mandats qu’ils exercent seuls ou à travers leurs suppléants. Et selon les « règles et l’art » du cumul, le suppléant est juste une potiche, un homme de paille qui fait de la figuration. Pour s’assurer de bien contrôler les choses, les cumulards recrutent leurs suppléants dans leurs familles biologiques ou dans leurs ethnies. Ainsi, nombre de cumulards ont pour suppléants leurs femmes, fils, et frères.

 

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