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Dans l’enfer d’une prison : visite guidée

Avant de rendre visite à quelqu’un en prison, on ne discute pas. Il y a des règles préétablies et exécutées par les agents de garde de la prison centrale de Goma. Avant d’y entrer, une fouille au corps est réalisée par des policiers. Il faut ensuite leur donner 500 francs congolais (0,5 euros) pour les motiver à nous faire entrer et passer à l’étape suivante. Pourtant, à l’extérieur de la prison, une pancarte indique : « On ne paye pas pour entrer dans la prison ».

S’enregistrer avant d’entrer

C’est important dans cette taule. Ainsi, vous obtenez votre droit d’accès. A ce stade, il faut encore payer 500 FC ou plus. Même les plus modestes n’y échappent pas. Seul le personnel juridique n’est pas soumis à cette « règle ». Vous recevez ainsi un jeton d’accès pour le « deuxième monde » : l’espace pour détenu.

« A l’intérieur, mon sort est entre les mains des prisonniers »

« Lorsque tu passes cette porte, tu n’es plus notre problème, seuls les prisonniers assureront votre sécurité à l’intérieur », me confie celui qui garde la porte qui sépare les détenus du personnel de la prison.

Lorsque j’y entre, je suis chaleureusement accueilli par une délégation de taulards. Ils sont bien organisés. On peut presque parler de l’existence d’une administration parallèle. Après avoir payé leur « droit » d’entrée, ils m’ont fouillé encore et encore ! Finalement j’y suis, ce n’était pas aussi facile que je le pensais.

En prison, les nouveaux venus dorment à même le sol. Leurs chaussures, ceinture, chemise, etc., sont saisies par les anciens. Ils les obligent à faire des choses peu recommandables s’ils ne versent pas une certaine somme au président des prisonniers pour s’intégrer.

La prison : rééducation ou torture ?

A l’intérieur, c’est l’enfer ! Mais c’est surtout le cas pour les nouveaux : traitements inhumains, corvée d’évacuation d’excréments parfois à mains nues, privation de nourriture, de soin, etc.

Kibongé à la trentaine. Il a le visage couvert de cicatrices. Il vient de passer neuf mois dans cette prison où il a perdu 25 kilos. Il ne souhaite plus y retourner. La paume de ses mains s’est durcie, ses ongles ont noirci à cause des travaux difficiles qu’il a effectué sans gants de protection.

« J’espère récupérer des forces maintenant que je suis libre. J’utiliserai le peu de bien en moi pour rester au dehors. La prison et ses hommes, c’est fini! »,

La prison n’est pas un lieu de rééducation mais plutôt un espace de torture physique et psychologique. Il est primordial que l’Etat reconsidère sa politique pénitentiaire car une chose est sûre : après avoir purgé sa peine, c’est un véritable malfaiteur, bien formé, qui est renvoyé dans la société.

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