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La discrimination basée sur la langue est tellement pathétique !

Il y a en RDC une diversité culturelle rare en Afrique. Elle inclut une diversité de langues qui hélas sont souvent à l’origine de discriminations incroyables. 

Il est fort regrettable de constater qu’en dehors du français, la plupart des langues congolaises n’arrangent pas certains citoyens. Il y en a qui préfèrent arborer le lingala, parlé dans la capitale Kinshasa, dans l’Ouest surtout, et plus ou moins par une portion des habitants des grandes villes. 

Ils ne jurent que par le lingala

Cela confère un peu au lingala, et grâce à l’armée qui en a fait sa langue principale, un sentiment d’être la langue la plus congolaise auprès de certains compatriotes. Au point de regarder parfois d’un œil un peu méprisant les locuteurs d’autres langues.

Le lingala est-il un phénomène de mode, ou plutôt les autres langues (kikongo, swahili et tshiluba) ne sont ni plus ni moins que des langues de rien du tout ? A Kinshasa, en effet, beaucoup donnent l’impression de ne pas s’intéresser à d’autres langues congolaises.  

Le tshiluba pas très bien accueilli à Lubumbashi 

Dans les rues de Lubumbashi (deuxième ville du pays), où le swahili est fortement parlé, on peut pourtant constater qu’il y a beaucoup de gens qui s’expriment en lingala ou en kikongo. 

Cependant, dans cette ville qui présente ainsi une allure de plus d’ouverture, le tshiluba semble mal aimé de beaucoup de gens. Le tshiluba, qui pourtant est une langue nationale, suscite des critiques vis-à-vis de ceux qui le parlent. 

Dans certaines communes, le cas de Kenya par exemple, s’exprimer dans cette langue peut déranger des individus. Simplement à cause des tensions qui sont pourtant politiques, et surtout historiques. On se souvient souvent des conflits qui ont opposé Katangais et Kasaïens en début de la décennie 90. Toutefois, le tshiluba se fait davantage entendre depuis l’immigration de beaucoup d’habitants du Kasaï vers le Katanga, notamment depuis 2006.

Discrimination linguistique et tribale

D’aucuns n’utilisent plus que le terme courant de « kikasaï », en lieu et place de tshiluba. Il est un peu péjoratif et discriminatoire, car il évoque plutôt une région qu’une langue. Il a un caractère tribal. Et ce phénomène, on le retrouve aussi dans la partie lingalophone de la RDC, à propos de la même langue ou du swahili. On peut entendre des Kinois dire de quelqu’un qui parle swahili : « Aza Muswahili ! » Ce comportement de nombreux Congolais me paraît vraiment déplorable et inculte.

Etre plutôt fier de ses langues

Je plains ce comportement qui ne construit ni n’élève le Congolais. Chacun devrait pouvoir se sentir à l’aise de parler la langue nationale qu’il maitrise le mieux. On ne devrait pas rêver de mieux communiquer qu’en français. Cela devrait constituer pour chacun de nous une belle occasion pour en apprendre un peu plus sur les différentes cultures liées à nos différentes langues.

Ces langues constituent une richesse pour nous et en chacune d’elles se cache une beauté que nous nous refusons de voir, parce qu’aveuglés par un sentiment de complexe d’infériorité ou de supériorité. Notre pays est plein de surprises, de merveilles et de beauté : brisons les frontières liées à nos langues locales et profitons ensemble de la beauté de notre diversité culturelle.

 

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Les commentaires récents (1)

  1. Merci beaucoup , d’avoir parler de ce sujet qui est je trouve , très capital, j’espère qu’en le lisant , les gens changeront en tout cas leur façon de penser, mais surtout arrêteront avec leurs préjugés infondés.