Le réalisateur congolais Lavie Rock signe avec DJEMAH une œuvre audacieuse et profondément ancrée dans la réalité sociale de Bukavu. Cette série télévisée, dont la première saison sera officiellement lancée le 22 février 2026, se veut un miroir cru du vécu quotidien des populations urbaines, souvent invisibilisées.
« C’est la rue qui m’a inspiré à écrire cette série », confie Lavie Rock. Artiste ayant lui-même grandi et vécu dans la rue, le réalisateur puise dans ses propres expériences, marquées notamment par les trafics de téléphones, l’insécurité et la précarité dans plusieurs quartiers de la ville. Victime à quatre reprises de vols, il a également été témoin de la multiplication des adolescentes livrées à elles-mêmes, tombant enceintes avant d’être rejetées avec leurs bébés. Des réalités dures, mais authentiques, qui constituent l’ossature narrative de DJEMAH.
Une première dans la fiction congolaise
Selon son créateur, DJEMAH se distingue par son drame social assumé, un genre encore peu exploré dans la fiction télévisée congolaise. « C’est une première de raconter le vécu de la population dans les rues de Bukavu à travers une série de fiction », explique-t-il. Tournée entièrement dans des lieux publics emblématiques de la ville, la série mise sur des décors naturels et une narration réaliste pour renforcer son impact.
Déchets, santé et responsabilité collective
Parmi les thématiques fortes abordées figure la gestion des déchets, omniprésents dans les rues de Bukavu. Pour le réalisateur, il était impossible de parler de la rue sans évoquer cette problématique : « La santé est une priorité, or les déchets sont presque partout ». DJEMAH interpelle ainsi la population et les autorités sur les enjeux de salubrité urbaine.
Un travail d’écriture rigoureux
L’écriture de la série a débuté en 2022 et s’est affinée en 2024 avec l’appui d’un script doctor. Lavie Rock explique avoir effectué de nombreuses descentes sur le terrain afin de s’imprégner des réalités sociales et nourrir son scénario. Résultat : près de 90 % des histoires racontées sont inspirées de faits réels.
Des défis majeurs sur le tournage
Le tournage n’a pas été sans obstacles. L’autofinancement limité et l’insécurité grandissante ont fortement impacté la production. Certaines scènes prévues de nuit ont dû être réécrites, seules deux ayant pu être tournées sur les treize initialement envisagées.
Une collaboration solide
La série est coréalisée avec Luciano Rushunda, une collaboration que Lavie Rock qualifie de « parfaite ». Ce dernier a notamment assuré la réalisation des scènes dans lesquelles le réalisateur joue lui-même.
Un message clair et un public large
À travers DJEMAH, le message est explicite : faire face à la multiplication des enfants en situation de rue et encourager une prise de conscience collective sur la gestion des déchets. La série s’adresse à un large public, avec une attention particulière portée aux habitants de Bukavu, de Goma et à la diaspora congolaise.
Et après la saison 1 ?
L’aventure ne s’arrête pas là. Une saison 2 est déjà en préparation et le tournage débutera juste après l’avant-première prévue au Panorama Hôtel. Pour le réalisateur, si DJEMAH parvient à ouvrir un débat public, « ce sera déjà une grande réussite ».
