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Enceinte à 15 ans, je me suis construit un avenir

En  RDC, beaucoup de filles mineures qui tombent enceintes traversent de dures épreuves. D’un côté c’est la peur du rejet de sa propre famille, de l’autre le rejet du responsable de la grossesse. Quelques-unes préfèrent avorter clandestinement et s’exposent à de graves conséquences. D’autres se marient de force pour garder l’honneur de la famille. Courageuse et grâce au soutien de sa famille, Joëlle a pu surmonter cette « honte » et a su se construire un avenir malgré les critiques et les pressions. Elle nous raconte son histoire.

Je me suis retrouvée enceinte alors que je n’avais que 15 ans. C’était une situation très difficile pour moi-même et pour mon père qui s’est senti humilié. Conséquence, il n’a pas permis que l’on m’impose de vivre avec l’auteur de ma grossesse, il n’a pas non plus voulu savoir qui était cet homme. Et je n’ai pas avorté.

Psychologiquement j’étais abattue, j’ai bénéficié du soutien de toute ma famille et j’ai surmonté cette épreuve. Ma famille m’a énormément soutenue et mon enfant ne manquait de rien. Huit mois après l’accouchement, j’ai repris le chemin de l’école… J’allaitais encore mon bébé, mais j’étais obligée de prouver à ma famille que j’étais prête à réparer mes erreurs, en étudiant assidûment. Ce n’était pas facile mais je me suis battue jusqu’à obtenir le diplôme d’Etat, et aujourd’hui je poursuis mes études à l’université en médecine.

Un enfant à la recherche de son identité

Le soutien de ma famille reste quelque chose qui m’a poussée à émerger jusqu’à me construire une carrière professionnelle malgré ma gaffe. Ayant pitié de moi car encore adolescente, ma mère a récupéré mon enfant après une année afin de me permettre de me concentrer sur mes études. «Ya Joëlle » ou «Yaya », m’appelait ma fillette, alors qu’elle appelait ma mère maman. Ce n’était pas facile à supporter, mais je savais qu’un jour j’allais être obligée de lui dire la vérité. Aujourd’hui, j’ai 30 ans et ma fille en a 14. Elle est avec moi et je suis fière de la présenter à tout le monde, parce qu’elle est mon histoire. Avoir eu un enfant un peu tôt ou accidentellement comme disent les autres, n’a pas été un handicap pour moi. Par contre,  cela a été la force dont j’ai eu besoin pour surmonter beaucoup d’épreuves qui se sont présentées.

Toutefois, rien n’a été plus dur à vivre que le jour où ma fillette s’est présentée devant moi et m’a demandé : « Maman, où est parti mon papa ? » Quel autre mensonge devrais-je inventer ? Il me fallait tout avouer et j’ai fini par lui dire la vérité. Aujourd’hui, elle connait son père. Quant à moi, je suis mère d’une jolie fille, journaliste de profession et étudiante en médecine. J’élève seule ma fille et j’en suis fière…

Alors, marier de force ou abandonner une fille qui vient de se faire engrosser n’est pas une solution. La grossesse n’est pas une fatalité, encore moins un fléau… Tout dépend de comment on gère la situation. Le soutien familial est le plus important.    

 


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