Caméra de tournage de films
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À Mbujimayi, des jeunes se débrouillent dans le tournage des films éducatifs

Se lancer dans la production des films est un pari qui nécessite des moyens colossaux. À Mbujimayi, j’ai fait la connaissance des jeunes qui ont décidé de s’essayer dans ce domaine, avec les moyens du bord. Ils se sont mis ensemble et ont réussi à s’imposer localement, tant soit peu.

Beaucoup de ceux qui se lancent dans ce genre d’aventures se heurtent aux problèmes d’argent. Même s’ils ont des idées géniales, ils finissent par les abandonner faute de moyens. Par contre, les jeunes que j’ai rencontrés se battent pour faire exister le septième art à Mbujimayi. Leurs thèmatiques préférées : la culture et la vie sociale. Ils travaillent sur un projet de production de petits films d’éducation des masses. À leur actif, déjà un film intitulé : « Défis de Celena. »

Comment est née l’idée du film ?

Le jeune acteur, Ruphin Kalala affirme qu’il a pensé au cinéma lorsqu’il était encore en deuxième année de graduat en communications sociales. À l’époque, il venait de terminer à étudier son cours de cinéma. Il raconte : « Je me rappelle que c’était en 2014. J’étais encore en deuxième graduat. J’ai parlé avec mes camarades. Ils étaient d’accord avec l’idée. Nous nous sommes dit de commencer. Hélas, jamais nous ne sommes allés plus loin. C’est plutôt en troisième graduat que l’idée nous est revenue. Mais là encore, nous ne savions pas sur quoi devrait porter notre film. Nous n’avions ni moyens ni rien. »

C’est finalement en janvier 2016 que lui et ses camarades se mettront d’accord sur le thème. Ils décident alors de parler de la femme.

« Défis de Celena », titre du film

Ruphin se rappelle que ce n’est pas par hasard qu’ils ont choisi de parler de la femme et de ses défis. Il avait constaté qu’au Kasai-Oriental, l’éducation de la fille est releguée au second plan. La finalité pour la plupart des filles n’est que le mariage, et souvent le mariage précoce. Situation qu’il veut voir changer. Mais quel rapport avec les Défis de Celena ? Ruphin explique : « Il s’agit de l’histoire d’une fille orpheline de père et dont la mère voulait qu’elle aille à l’école. Après la mort du père, la famille veut la marier de force. Ce à quoi s’oppose la mère de la fille. Grâce à elle, Celena, notre actrice principale, termine ses études secondaires et va à l’université. Elle embrasse une filière réputée d’hommes : la polytechnique. Elle réussit à tenir jusqu’au bout dans une promotion constituée de garçons. Courageuse et ambitieuse, elle décide de devenir présidente des étudiants dans son institution. Autant de défis et préjugés qu’elle rencontre sur son parcours. »

A travers ce film, Ruphin explique que son association veut interpeller la communauté sur le bien-fondé de l’éducation des jeunes filles et encourager celles qui étudient à persevérer. Ce film dont ils ont fini deux épisodes est actuellement projeté devant les élèves dans différentes salles de la place.

La grande difficulté, c’est le manque d’argent

Au début c’était difficile, explique Ruphin. Il n’avait ni caméra ni projecteur, mais seulement la volonté. Il décide alors de signer un contrat avec une chaîne de télévision locale pour l’utilisation des caméras. Quelques jours plus tard, il se procure deux projecteurs et un micro grâce aux cotisations des membres de son association, mais aussi à la publicité conçue pour trois entreprises de la place. « Les acteurs de nos films sont généralement les membres de notre association. Mais en cas de force majeure, nous recourons à d’autres personnes. Dans tout ça, la grande difficulté, c’est le manque d’argent. On n’est pas encore financé. On fait tout grâce à nos cotisations », confie-t-il.

 

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Les commentaires récents (0)

  1. Bon courage cher Ruphin. Il faut pas vous arrêter à Celena, foncez, foncez toujours, et vous pourrez un jour nous pondre un blockbuster.

  2. Du courage, le seigneur va vous assistés et vous serez connu partout dans le monde comme les autres un jour. car dit-on: « il n’y a pas de roses sans épines »

  3. Courage cher frère!
    Personnellement je demanderais aux autorités tant provinciales que nationales d’apporter leurs soutiens à ces jeunes talentueux!