article comment count is: 5

Kabila dit non à l’ingérence étrangère : quelle tromperie !

Dans son dernier discours à la nation, le chef de l’État déclarait : « Aucune ingérence étrangère ne sera tolérée ». Or, c’est une affirmation fantaisiste, car il sait que la RDC dans sa condition actuelle ne peut se passer de l’extérieur.

S’il y a un pays qui n’a plus de souveraineté à défendre, c’est bien la RDC. Depuis la conquête de l’est du pays par les troupes rwando-ougandaises en 1998, le destin de la RDC se décide à l’étranger. Nul ne peut se voiler la face là-dessus. Mon pays est devenu une proie facile que tous les vautours étrangers se partagent. En 2004, le président ougandais Yoweri Museveni insultait la RDC disant : « À côté de l’Ouganda, il y a un grand pays dont les habitants sont amorphes, les dirigeants inexistants…».

La RDC a cessé d’être souveraine depuis la chute de Mobutu

N’importe quel observateur de la scène politique congolaise a éclaté de rire ce jour-là quand le chef de l’État disait non à l’ingérence étrangère. En tant que président, il essayait de faire croire que le Congo est un État souverain. Mais en réalité, la souveraineté nationale, est un lointain souvenir qui remonte à l’époque de Mobutu. Quand on était encore le grand Zaïre, aucun pays voisin ne se jouait de nos frontières.  

Aujourd’hui, sous les Kabila père et fils, le pays n’a connu que cela, les ingérences étrangères. Avec Mzee Laurent Kabila, on a vu des armées africaines se battre au Congo comme sur une terre sans maître. Des troupes de l’Angola, du Zimbabwe, du Burundi, du Rwanda, de l’Ouganda, de Namibie sont venues. D’aucuns ont qualifié cela de « première guerre mondiale africaine ». Et dans cette guerre, on a compté six millions de morts au Congo, bien plus que les 800 000 morts du génocide rwandais. Que dire du général rwandais James Kabarebe qui s’était vu confier les fonctions de chef d’État major des Forces Armées de la RDC !

Refuser l’ingérence est un prétexte fallacieux

Parler de souveraineté, il faut relativiser. La Monusco est là depuis 17 ans et elle n’est pas une force congolaise. C’est elle qui utilise ses avions pour transporter nos kits électoraux, alors que les élections sont par essence, un acte de souveraineté nationale. En plus, la résolution 2348 du Conseil de sécurité donne mandat à la Monusco d’appuyer la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre. Et en cas de troubles au Congo, les troupes de l’ONU reçoivent directement les ordres de New-York, jamais de Kinshasa. D’ailleurs, qui ignore que Kabila n’aurait pu tenir face à certaines rebellions militaires telles que le CNDP et le M23 n’eût été la présence de la Monusco ?

Autre chose, notre budget national dépend en grande partie des apports extérieurs. Où est la souveraineté de la RDC ?

Monsieur le président, nous savons que vous refusez l’ingérence étrangère simplement parce que la communauté internationale vous oblige à respecter l’accord du 31 décembre. Vous avez déjà violé la Constitution sur laquelle par deux fois vous aviez prêté serment. De grâce, respectez au moins cet accord qui a le mérite de vous conférer un peu de légitimité après votre deuxième et dernier mandat constitutionnel.

Partagez-nous votre opinion

Les commentaires récents (5)

  1. Nous regrettons de propos souvent tenus par les autorites congolais,si la communaute internationale,vient avec del’argent,les autorites se bousculent pour le detourner mais quand il s’agit d’un probleme pour la bonne marche du pays ca devient ingerance etrangere!Sans le savoir en afrique,la plus part de pouvoir,c’est la communaute internationale qui l’installe.

  2. Merci pour les éclaircissements , j’aurai parié comme un mouton qu’on aurait eu un Mugabe au Congo mais voilà.

  3. Ce ne sont que des idées imatures! Comment peut-il parler de l’ingérance étrangère,alors qu’ils tendent la main vers les pays étrangers pour demander de l’aide ?

  4. Dire non à l’ingérence étrangère c’est se moquer des Congolais du fait que la RDC est gérée à 97% par l’étranger. Tout vient en aide