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L’automédication, cette pratique dangereuse

La consommation de médicaments sans avis médical est une pratique très courante en RDC. Même si ceux qui s’y adonnent avancent plusieurs raisons, comme le manque de moyens pour consulter un médecin ou l’expérience de certaines femmes, l’automédication présente beaucoup de risques que l’on semble ignorer.

Les communautés locales justifient cette pratique d’automédication par leur extrême pauvreté : les soins coûtent cher dans les hôpitaux, difficile de payer un médecin… Cependant, la pauvreté n’est pas l’unique cause qui favorise l’automédication. Il y a aussi la multiplicité des lieux de vente des médicaments : les pharmacies sont tenues par des personnes non qualifiées. Souvent, ce sont des commerçants dont le seul but est de vendre à quiconque veut acheter ! Même les médicaments qu’on ne devrait obtenir que par ordonnance médicale sont vendus à n’importe qui sans aucune précaution.

Katungu Simisi est une infirmière, elle dénonce la vente incontrôlée des médicaments à Goma : « Dans ces pharmacies, on vend même des produits abortifs. Cela pousse les jeunes filles à faire des interruptions de grossesses à haut risque. »

Ignorance des risques

Docteur Chigabi Constant, médecin généraliste dans une structure sanitaire à Goma, met en garde contre les dangers de l’automédication : « Parmi les risques, il y a le fait que les patients qui pratiquent l’automédication ignorent totalement les composants du médicament, sa toxicité et même sa date de péremption. Il y a également l’interaction entre les médicaments consommés et les effets secondaires qu’ils produisent. L’automédication peut entraîner d’autres difficultés tant chez le patient que chez les médecins. C’est par exemple le risque de masquer certains symptômes de maladies ou fausser l’interprétation des résultats biologiques. »

Docteur Chigabi invite les ONG et les organismes étatiques du domaine sanitaire à multiplier la sensibilisation sur les dangers de l’automédication. Au gouvernement, il demande de prendre des mesures pour sauver des vies humaines. Ce médecin tire également la sonnette d’alarme en alertant sur la vente de faux médicaments dans les pharmacies. À Goma, une maxime dit : « Mwili haikuwake na pièce de rechange » (les dommages causés à votre corps sont irréparables).

La santé n’a pas de prix, dit-on.

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