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Littérature : Cœur Tam Tam fait une entrée magistrale en librairie avec quatre ouvrages engagés

Après plus de dix ans de maturation, l’écrivain et éditeur congolais Ghislain Kabuyaya, connu sous le nom de plume Cœur Tam Tam, fait une entrée remarquée dans le paysage littéraire avec la publication simultanée de quatre ouvrages. Entre poésie, essai et théâtre, cette tétralogie explore les conflits, les valeurs, l’identité et le vivre-ensemble en République démocratique du Congo.

Après plus d’une décennie de travail en coulisses, Cœur Tam Tam a officiellement présenté, le vendredi 26 juin 2026 au Foyer culturel de Goma, quatre livres publiés par sa maison d’édition Fleuve de l’Intrigue. Ces ouvrages témoignent d’une même ambition : interroger les réalités sociales, historiques et culturelles de la République démocratique du Congo tout en ouvrant des perspectives de réconciliation et de renouveau.

Revenant sur la genèse de cette production littéraire, l’auteur évoque un projet mûri de longue date. « Le parcours a été long. Après avoir mûri l’idée, je me suis dit qu’il était temps d’apporter un plus », a-t-il confié.

Cette tétralogie aborde les fractures identitaires, mémorielles et sociales qui traversent la région des Grands Lacs. À travers des genres différents, l’auteur développe une réflexion sur les mécanismes de la violence, la résilience des communautés et la nécessité de reconstruire le lien social autour des valeurs humaines.

Le premier ouvrage, Fosses communes (98 pages), est un recueil de poésie consacré aux blessures de l’Est de la RDC. L’auteur y évoque les traumatismes laissés par les conflits interethniques, les mémoires meurtries et les souffrances collectives. Au-delà de la douleur évoquée, les poèmes portent un message d’espérance, de dignité, d’Ubuntu et de reconstruction du vivre-ensemble.

Avec Phobie des valeurs (110 pages), Cœur Tam Tam propose un essai qui emprunte à la sociologie, à l’anthropologie, à la psychologie et à la philosophie. Il y interroge la crise identitaire et culturelle accentuée par la mondialisation, dénonçant notamment la marginalisation des langues vernaculaires, la perte des repères symboliques et l’affaiblissement du sens collectif. À propos de cet ouvrage, il explique qu’il s’agit d’un appel à ne plus craindre d’incarner les valeurs humaines dans une société où elles sont souvent reléguées au second plan.

Le troisième ouvrage, La tourmente de l’espérance (170 pages), rassemble cinq pièces de théâtre qui explorent les fractures sociales, les rapports de domination, les violences visibles et invisibles ainsi que les conflits identitaires. À travers une écriture mêlant gravité, humour et poésie, l’auteur transforme la scène en espace de mémoire, de résistance et d’éveil des consciences.

À côté de ces œuvres centrées sur les enjeux collectifs, Magicien d’amour (89 pages) offre une dimension plus intime. Ce recueil de poésie célèbre les sentiments, l’amour et les émotions, apportant une respiration plus personnelle à cette production littéraire.

Évoquant La tourmente de l’espérance et Fosses communes, l’écrivain affirme avoir voulu porter un message de résistance et de réconciliation. « Après les conflits, que peut-on faire pour se dépasser et se regarder en face d’un bon œil ? », s’interroge-t-il, résumant l’esprit de ces deux ouvrages.

Pour l’auteur, cette tétralogie constitue avant tout une invitation au vivre-ensemble.

« L’apport de ces ouvrages est surtout un appel au vivre-ensemble. Il s’agit de nous pousser à ne pas rester figés dans la polémique, mais à réfléchir à la manière d’améliorer les rapports humains », poursuit-il.

Le vernissage a réuni de nombreux amoureux des lettres, acteurs culturels et passionnés du livre. Les prestations musicales des artistes Fimbo Kali et W. Malick Maliro ont rythmé la cérémonie avant un moment de réseautage favorisant les échanges entre l’auteur et le public.

Homme de lettres engagé, Ghislain Kabuyaya est également lauréat de plusieurs distinctions, cofondateur des Éditions Mlimani, fondateur de Fleuve de l’Intrigue et coordinateur du Collectif Kitabu, une structure qui œuvre pour la structuration de la chaîne du livre en République démocratique du Congo.

Disponibles auprès de l’auteur ainsi qu’aux éditions Fleuve de l’Intrigue, ces quatre ouvrages témoignent d’une même volonté : faire de la littérature un espace de mémoire, de dialogue et de réflexion sur les défis contemporains de la société congolaise. Avec cette rentrée littéraire d’une rare ampleur, Cœur Tam Tam affirme sa volonté de mettre l’écriture au service du vivre-ensemble, de la mémoire et de l’espérance.

 

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