La 5e édition du Carrefour international d’anesthésie-réanimation et des urgences (CIARU) s’est achevée mercredi 19 août 2026 à Lubumbashi, après trois jours d’échanges consacrés à un enjeu particulièrement sensible pour le système de santé congolais : la capacité à répondre efficacement aux urgences vitales et aux épidémies, dans un contexte marqué par la résurgence d’Ebola.
Organisées principalement au Pullman Grand Karavia, les assises ont réuni plus de 70 professionnels de santé et scientifiques venus de Belgique, de France, d’Afrique du Sud ainsi que de Kinshasa, Kolwezi et Lubumbashi.

Placée sous le thème « Urgences vitales, épidémies majeures et technologies innovantes : synergie pour une prise en charge innovante et résiliente face à la résurgence d’Ebola », cette édition a voulu rapprocher la médecine d’urgence, l’anesthésie-réanimation et la réponse aux crises sanitaires.
Le sujet intervient alors que l’épidémie de maladie à virus Bundibugyo continue de sévir en RDC. Au 12 août, l’OMS rapportait 4 665 cas confirmés et 2 184 décès dans 54 zones de santé réparties dans six provinces.
Ebola, révélateur des défis du système d’urgence
Au fil des panels, une conviction s’est dégagée : face à une épidémie, la rapidité de la réponse peut être aussi déterminante que les moyens disponibles.
La question du décloisonnement des services a ainsi occupé une place importante dans les débats. Ambulances, déchoquage, laboratoire, pharmacie et unités d’isolement doivent pouvoir fonctionner dans une chaîne coordonnée, tout en respectant le tri des patients et les exigences de biosécurité.
Une telle organisation devient particulièrement importante face à Ebola, où la détection rapide, l’accès aux soins et la prévention des infections dans les structures sanitaires constituent des éléments essentiels de la réponse. L’OMS souligne d’ailleurs que les retards de détection et l’accès limité aux soins figurent parmi les difficultés qui ralentissent actuellement la riposte en RDC.
Les discussions du CIARU ont également porté sur la formation, la standardisation de la communication entre les services et le maintien d’un continuum de soins.
La transformation numérique, les systèmes d’alerte et la cybersécurité ont, eux aussi, été abordés comme des outils susceptibles d’améliorer la détection et la prise en charge des urgences. Les échanges ont surtout rappelé une réalité : dans une crise épidémique, chaque retard peut compliquer davantage la réponse.
Concilier la théorie et la pratique
Le CIARU est allé au-delà des conférences. À l’Hôpital public de référence tertiaire Jason Sendwe, les participants ont pris part à plusieurs ateliers pratiques, notamment sur la prise en charge éthique et technique des patients agités en situation d’urgence.
Le préhospitalier a également occupé une place dans les discussions. Le service d’aide médicale d’urgence de l’hôpital Sendwe dispose, selon les organisateurs, de sept ambulances médicalisées et d’une capacité de 18 lits d’urgence.
Deux interventions chirurgicales majeures ont par ailleurs été réalisées au bloc opératoire par des équipes de chirurgie et d’anesthésie-réanimation.
Au-delà des échanges scientifiques, cette 5e édition du CIARU aura surtout posé une question : comment renforcer durablement les capacités du système de santé congolais pour qu’il puisse répondre simultanément aux urgences quotidiennes et aux crises épidémiques ?
À Lubumbashi, les discussions ont rappelé que, face à Ebola, la résilience ne repose pas uniquement sur les équipements. Elle dépend aussi de la coordination, de la formation, de la rapidité d’intervention et de la capacité des professionnels à agir ensemble.
La 6e édition devra désormais permettre de voir quelles suites concrètes auront été données à ces enseignements.
