Un pousseur de vélo à Mbujimayi
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Les moustrongueurs, un métier à risque pour la santé

À Mbujimayi, moustrongueurs est un nom que l’on donne aux personnes qui transportent de lourdes charges à vélo, sur la tête ou sur le dos, en parcourant de très longues distances. Je suis allé interroger Chadrac Kabengele, médecin généraliste, pour comprendre les dangers qui guettent la santé physique des moustrongueurs.

Habari RDC : Quelles sont les conséquences sur la santé pour les moustrongueurs?

Docteur Kabengele Chadrac : Prémierement, les travaux lourds exposent à une pathologie comme l’arthrose. Ceux qui transportent de lourdes charges, s’exposent à une usure des articulations de la colonne vertébrale. Cela peut engendrer des déformations du corps. Il y a aussi les douleurs du dos.

Les transporteurs de lourdes charges, tels que les sacs de farine ou de charbon de bois sont également exposés à des risques d’absorption des poussières du charbon ou de la farine. Ce qui, à la longue, peut provoquer une pathologie des voies respiratoires, parfois jusqu’au cancer des poumons. Au fil du temps, dans ces conditions, ils courent le risque de devenir inaptes ou invalides jusqu’à la fin de leur vie.

Que devrait-on prendre comme précaution quand on fait ce genre de métier ?

Il faut utiliser les masques de protection du nez pour éviter d’inhaler régulièrement des poussières qui peuvent conduire aux infections des voies respiratoires, cas du cancer des poumons. Mais normalement, il faut arrêter de faire ce genre de métier qui comporte de grands risques pour un revenu dérisoire qui ne peut même pas suffire à  couvrir les besoins. (Fin de citation).

Le métier de la honte ?

Lukusa Paulin et Kabongo Francois sont deux moustrongeurs vivant à Mbujimayi. Ils disent être l’objet de mépris de la société. Lukusa Paulin explique son indignation : « On se moque de nous. Nous subissons des insultes, comme si nous n’avons pas de valeur dans la société. Pourtant, notre travail aide beaucoup la population. C’est nous qui apportons le maïs, l’huile de palme, la farine et beaucoup d’autres denrées alimentaires à Mbujimayi. »

En dehors des risques sur la santé dans leur métier, je déplore les dénigrements auxquels les moustrongueurs font face, puisque c’est un destin qu’ils n’ont pas choisi, mais qui s’est imposé à eux pour survivre.

 

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