Danceuses lors du festival Amani, Goma, @Habarirdc/Elvis Katsana
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Dans la musique congolaise, la femme réduite à un objet d’ornement

On les voit extravagantes, à moitié nues, exécutant des pas de danse sensuelle et même presque sexuelle. Les femmes ne sont pas respectées dans les clips ou lors des concerts dans la musique congolaise. Comme si une vidéo ne marcherait jamais si l’on habillait dignement les danseuses ou les figurantes.

Au-delà de l’habillement, un autre rôle des femmes dans les clips est de donner des bisous, être cinq ou six à se jeter sur un homme qui les ignore, etc. Il est temps que l’on redonne sa dignité à la femme congolaise dans la musique de son pays.

L’habit ne fait pas le moine, on est d’accord. Mais en voyant les mouvements et les pas de danses qu’exécutent les femmes dans la musique congolaise, il est facile de se faire une idée sur elles. Cette idée n’est pas malheureusement positive ni flatteuse pour elles.

S’habiller à moitié nue quand on est une danseuse

Avez-vous remarqué, comme moi, que seules les danseuses sont mises presque nues sur scène ? Contrairement aux hommes partageant la même scène qui, eux, s’habillent plus ou moins décemment. On habille les femmes ainsi peut-être pour accrocher et séduire le public ? Ou alors pour imiter les tendances internationales ?  Mais pourquoi seule la femme sera-t-elle ainsi exposée ? La musique est censée éduquer les générations, quelle éducation offrons-nous aux jeunes filles qui voient ces clips et ces concerts ? Leur dit-on que la femme est un outil ornemental, que les hommes doivent être tous machos et se taper plusieurs femmes à moitié nues sur lesquelles ils versent du champagne et elles obéissent comme des esclaves ?

Je pense qu’il faut choisir : soit on protège les mœurs, et c’est à cela que sert normalement la musique, soit on les déprave.

Attentat à la pudeur, ça vous dit quelque chose ?

Ce qui est déplorable ici c’est que les « stars » congolaises qui exposent ainsi des femmes dans leurs clips n’oseront jamais faire pareil avec leurs enfants ou épouses. C’est carrément la preuve qu’ils veulent se faire du profit, faire le buzz, en usant d’autres femmes, pas celles qui comptent pour eux. Exposer ainsi son corps est en soi une infraction comme l’explique maître Zawadi Shabani : « Non seulement c’est un attentat à la pudeur, mais aussi une exploitation de la femme, et c’est punissable au regard de la loi. »

Mais malgré cela, pourquoi le comité national de censure n’interdit pas ces pratiques ? Je pense qu’il est temps que chacun prenne sa part de responsabilité. Nous mélomanes, pourrions décider de ne plus acheter de la musique où la femme n’est pas dignement vêtue et considérée. Les musiciens pourraient choisir d’habiller décemment leurs danseurs ou figurantes. Mais aussi les femmes elles-mêmes devraient refuser de paraître ainsi dans les clips et concerts. Sauf qu’ici c’est presque évident que les femmes ont rarement le choix : si l’une ne le fait pas, dix autres sont prêtes à le faire pour se nourrir ou nourrir leur famille.

 

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Les commentaires récents (0)

  1. Merci pour votre article. Mais en suivant très bien la situation de trop près vous trouverez que c’est la femme congolaise elle-même qui se met dans cette situation. Elle se fait exploiter parce qu’elle aime l’argent facile. Elle se soumet à toutes les conditions pourvu qu’elle puisse gagner quelque chose. Le problème de la tenue c’est le problème de L’état congolais qui n’arrive pas à censurer la musique. Il y a trop d’inconvenances dans ce domaine. Ça demande en principe des profondes réformes. Les congolais associent la musique à la sexualité. Et les dégâts sont énormes dans la société congolaise à cause de la musique impropre à la consommation.

  2. Merci pour cette réflexion: la RDC n’est pas une particularité dans ce fait; il suffit de nous brancher aux chaînes de musique étrangères pour voir que la nudité féminine dans les clips vend bien…

  3. Je suis d’avis avec votre réflexion, mais remarquer que ce sont ces femmes elles mêmes qui se sont laissées exploiter par ces musiciens car elles sont animées par l’esprit de la prostitution, le vouloir paraître, et aussi la cupidité, combien de fois avons-nous déjà appris que tel ou tel autre musicien a engrossé sa danseuse ou il l’a violée, cela donne une idée de ce qui se passe en dehors de la scène.