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Nomination de Bruno Tshibala, un coup d’épée dans l’eau ?

On peut jouer avec les mots comme on peut jouer avec les interprétations des contrats signés. L’accord de la Saint-Sylvestre stipulait qu’en contrepartie de son pouvoir, le président Kabila devait choisir un Premier ministre issu du Rassemblement de l’opposition. Et voilà qu’il nomme Bruno Tshibala.

Le nouveau Premier ministre a effectivement fait ses classes, jusqu’à récemment, dans la formation politique d’Etienne Tshisekedi, l’UDPS. Bruno Tshibala y a occupé les postes de secrétaire général adjoint et de porte-parole. Mais Joseph Kabila n’ignore pas que le promu a été exclu de l’UDPS et du Rassemblement, il y a quelques semaines, après s’être désolidarisé de la nouvelle direction. N’est-il qu’un vrai-faux opposant, lui qui aurait eu, alors qu’il était en détention l’année dernière, une conversation restée mystérieuse avec le directeur du cabinet du chef de l’Etat ?

La diversion semble cousue de fil blanc, au moment même où l’opposition peine à mobiliser dans la rue. Celle-ci dénonce une énième manœuvre dilatoire pour ne respecter que la lettre de l’accord, en en violant l’esprit. L’objectif étant manifestement de gagner du temps.

Les forces politiques partisanes ne sont pas les seules à exprimer leur désapprobation vis-à-vis de ce choix de chef du gouvernement. Mardi, l’ambassade américaine en RDC affirmait la déception des Etats-Unis que « les signataires de l’accord du 31 décembre n’aient pas été en mesure de parvenir à un accord sur le choix d’un nouveau Premier ministre conformément à l’accord » du 31 décembre 2016, en conformité avec les souhaits de la Conférence épiscopale  nationale du Congo (Cenco).

Inutile d’écouter le régime qui classe, justement, nombre de puissances occidentales dans le camp des forces… partisanes. Le pouvoir a beau jeu de manier sa plus belle langue de bois en évoquant un « processus de normalisation du cycle électoral » enthousiasmant.

Un pas en avant, un pas en arrière…

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Les commentaires récents (1)

  1. un president se doit et doit a son peuple d’etre intelligent.Nous n’aurons un bn president que quand celui-ci sera plus intelligent que l’actuel et ses acolytes.Mais pour le moment il n’ya personne,aucun congolais ne veut faire preuve de plus d’intelligence,donc on a pas le droit de se plaindre