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Certaines personnes ne méritent pas de faire l’université

Dans l’imaginaire collectif, faire les études universitaires, être licencié ou docteur, cela vous confère une certaine valeur, un prestige et une haute considération dans la société. Cela peut garantir un meilleur emploi et faire de vous une grande personnalité. C’est ce qui donne à beaucoup de jeunes l’envie d’aller à l’université. Pourtant à mon avis, tout le monde n’est pas fait pour l’université.

Je suis en première licence en communication à l’Université officielle de Mbujimayi. J’ai constaté que beaucoup de jeunes viennent à l’université juste par plaisir ou par effet de mode. Ils viennent sans aucun objectif et échouent du début à la fin. Cela me fait mal au vu des moyens et des sacrifices que consentent nos pauvres parents pour nous faire étudier. Certains étudiants ont choisi des facultés où ils n’ont aucune aptitude : par exemple, vous n’êtes pas fort en math, en physique, en statistiques ou en chimie, mais vous choisissez de faire la médecine, les sciences commerciales, etc. Conséquence, vous reprenez la même classe trois ou quatre fois.

Licenciés en barbarie

À l’université, j’ai connu un jeune du nom de Mozart. Il comptait déjà 6 ans à la fac mais n’a jamais terminé son graduat. J’arrive au campus en 2015, je  trouve qu’il est toujours en première année de médecine. J’ai terminé mon premier cycle, mais Mozart reste dans la même promotion. Plus grave, c’est un monsieur réputé au campus pour sa barbarie, ses désordres, et surtout son ivrognerie. Je me demande pourquoi il continue d’aller à l’université alors qu’il n’évolue pas. 6 ans toujours en G1, c’est une honte ! Moi je pense qu’il pourrait bien faire autre chose que l’université. Par exemple faire un métier, peut-être la menuiserie, la cordonnerie, l’agriculture, ou un commerce quelconque. Car, tout le monde n’est pas apte à faire l’université.

On peut faire autre chose dans la vie. Une année universitaire c’est au moins 400$ à 500$ à dépenser. Et Mozart n’est même pas d’une famille riche pour gaspiller de telles sommes chaque année. Mais il se contente de faire du surplace. Sa mère n’est qu’une vendeuse d’arachides au marché central Bakua Dianga.

Taire son talent par complexe

On réussit dans la vie quand on a une vision et un objectif à accomplir. L’université n’est pas la fin du monde. Chaque personne sait ce qu’il lui est facile à faire comme boulot. Il faut identifier son talent, ses aptitudes, et en tirer le meilleur profit. Hélas, nous voulons souvent imiter monsieur Untel ou madame Unetelle.

J’ai étudié avec une camarade qui s’appelle Viviane. C’était une étudiante pas assez apte dans plusieurs cours. Par contre, au concours de musique chrétienne, elle était toujours gagnante. Elle a une voix extraordinaire quand elle chante. Je pense que c’est ce qu’on appelle une voix angélique. Je lui ai dit : « Pourquoi ne pas faire des études de musique ? » Mais elle s’est fâchée contre moi, pensant que je la minimisais. Or, la musique à mon avis, ce serait très facile pour elle parce qu’elle en a déjà le talent.

J’ai également un ami très fort en dessin. Quand il dessine quelque chose, avec des couleurs et tout, vous croiriez que c’est une photo. Hélas, l’ami a choisi la faculté de droit à l’université, négligeant ce qu’il peut faire le mieux : le dessin, la peinture. Pour le prestige, on veut être docteur, avocat, communicologue, etc. Or, les études d’arts existent pour des métiers plus pratiques comme la peinture, la maçonnerie, le modélisme, la musique… Il n’y a pas de sots métiers, dit-on.

 

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