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La République des bonnes intentions

Les désirs et les bonnes intentions sont partout. S’ils suffisaient pour asseoir une République, la nôtre serait des mieux affermies, tellement les voix et les volontés s’expriment en République démocratique du Congo.

Ils jonchent nos lois, quadrillent nos villes et nos villages. Ils sont dans le dialogue, les aspirations et les frustrations des citoyens. Parfois, comme ingrédients mobilisateurs ou comme fonds de commerce, les bonnes intentions et les désirs sont particulièrement présents dans les discours politiques.

Pour les hommes politiques, ils sont même devenus de vrais attirails d’action. Quand on écoute la majorité des hommes politiques congolais parler et affirmer leurs visions pour le Congo, on ne peut pas s’empêcher de les croire. Les discours sont tenus avec tellement de sollicitude qu’on croirait que toutes les bonnes volontés sont prêtes en RDC et qu’il n’y a que les moyens qui font défaut.

Même les lois restent de bonnes intentions

L’art et l’adresse que certains montrent dans l’exercice font vaciller jusqu’à la lucidité des esprits les mieux avisés. Parallèlement, quand on parcourt les lois, symbole de toutes les projections, de toutes les ambitions, de tous les désirs de société : on imagine un Congo juste et favorable à tous. Un Congo tel qu’on rêve d’y vivre.

On regarde se dessiner un pays dans lequel les intérêts des uns et des autres sont garantis. Un Congo dans lequel aucun délit ne reste impuni. Un Congo où les lois ont seul pouvoir, où seuls les délinquants vont en prison. Le Congo de l’esprit de l’hymne national, celui de toutes les aspirations de paix, de justice et de progrès.

Ils le disent mais n’osent pas le faire

Alors quand on les entend diagnostiquer sur la situation de leur pays, on ne saurait douter qu’ils prendront les décisions qui s’imposent et qu’ils agissent dans cette optique. Quand on les entend se plaindre des non-valeurs, on les imagine agir en conséquence. Et pourtant, les frustrations ont beau grandir, les discours et les lois ont beau se multiplier : les désirs et les bonnes intentions n’engendrent pas toujours les actions nécessaires.

Au fil du temps, le fossé qui sépare l’action des bonnes intentions se creuse inexorablement. Et je m’émeus de voir de part et d’autre deux Congo qui attentent tristement d’être mis dans les conditions pour être réunis : le Congo des textes et des discours, ainsi que celui de nos défauts d’actions et de nos compromis intéressés. Quand on observe le Congo, on réalise à quel point, à des niveaux de responsabilités divers, on dit mieux qu’on ne fait, on désire plus qu’on n’agit.

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