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Rita Mukebo : parler de nos problèmes sans les dramatiser 

Faire de l’art est pour Rita Mukebo la meilleure façon de s’exprimer. Si par « s’exprimer » on entend le fait de manifester sa pensée ou ses sentiments, Mukebo veut au travers de son art, « parler de nos problèmes sans toutefois dramatiser ».

Dans sa famille, Rita Mukebo est quatrième d’une fratrie de huit enfants. Mais son père, un ingénieur électronicien, voulait qu’elle suive son exemple en devenant ingénieure, ou à défaut, couturière. Rita oppose son véto à la décision de son géniteur. Furieux, celui-ci promet de la renvoyer au village.

Pour, la jeune Rita Mukebo, il était hors de question de se lancer dans l’électronique, encore moins dans la coupe et couture. Elle aurait aimé devenir plutôt journaliste. « A l’époque la coupe et couture était dévalorisée, explique-t-elle. On parlait même de ‘J’attends mon mari’, pour se moquer des filles qui empruntaient le chemin de cette filière ». 

Le déclic : devenir artiste !

Tout commence par la volonté de son oncle vivant en Grande-Bretagne. Il est du monde des arts : c’est un architecte. L’oncle veut faire venir Rita à Londres. Eh oui ! Séduite par le rêve européen, la jeune fille intègre l’Institut des Beaux-arts de Lubumbashi. Ses deux frères l’y rejoignent. Pourtant, une fois leurs études terminées, le projet européen tombe à l’eau.

Rita doit se débrouiller autrement, user de ses connaissances d’artiste. Elle trouve un emploi à l’Institut des Beaux-arts, qui l’a formée. On la voit travailler à la Galerie du musée national de Lubumbashi, animer des ateliers et, finir par s’affirmer comme freelance.

Son travail vise à sublimer les réalités du monde dans lequel elle vit, sans besoin de les dramatiser. Elle aspire à créer un monde idéal, peut-être utopique aux yeux de certains, mais un monde de paix. Elle aborde divers thèmes sociaux avec en toile de fond, la lutte contre l’abus du pouvoir, à tous les niveaux de la vie.

Mais Rita n’est pas de nature à s’enfermer dans une seule et même bulle, comme elle le dit : « Je n’aime pas garder longtemps une même démarche, un même style artistique. Ça serait de la monotonie dans un monde en perpétuel changement. » 

Pour ses tableaux, divers matériaux sont employés. Ils vont de l’acrylique sur toile, au bois, en passant par des plastiques et autres objets trouvés. L’idée étant de « peindre nos peines, nos problèmes sans avoir à les dramatiser », explique Rita Mukebo. Et d’ajouter : « Pour moi, c’est important de prendre des pincettes quand il s’agit de s’exprimer sur des choses douloureuses ou oppressantes. Car, il n’est pas question de faire l’apologie du mal. »

Le choix de se soustraire de toute idée de dramatiser la narration de nos problèmes, est peut-être ce qui permet aux travaux de Rita de figurer en bonne place auprès des collectionneurs.

 

*Cet article est produit en partenariat avec  l’ONG Coopération Education Culture (CEC – Bruxelles), l’Institut pour la Démocratie et le Leadership politique (IDLP-Kinshasa) et l’association Investing in People (IIP – Kinshasa) dans le cadre du programme BOKUNDOLI. En savoir plus sur le programme Bukundoli

 

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