Bagarre entre gangs de shégués à Kinshasa
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Des shégués sèment la terreur en plein centre-ville de Kinshasa

Des vols spectaculaires de portables et autres objets, des agressions contre de paisibles citoyens et des bagarres entre gangs… Voici des scénarios auxquels assistent tous ceux qui fréquentent le centre-ville de Kinshasa ces derniers jours.

Qui aurait cru qu’un jour des shégués et kuluna allaient installer leurs quartiers généraux en plein centre-ville de la capitale congolaise ? Ces derniers temps, il n’est plus aisé de se balader le soir en ville dans la commune de la Gombe. Celle-là même qui est supposée être la plus prestigieuse et la plus sécurisée de Kinshasa.

De violents affrontements entre deux gangs de shégués

Lundi 14 mai, au croisement des avenues Lokele et Tombalbay, vers 10 heures, nous avons été terrorisés par de violents affrontements entre deux gangs de shégués faisant plusieurs blessés parmi eux. Et pour cause, ils ne s’étaient pas équitablement partagé la somme d’argent volée.

Seulement voilà, les malchanceux se font agresser ou extorquer leurs biens, sans possibilité de défense. Ces jeunes shégués dont l’âge varie entre 7 et 15 ans opèrent toujours en groupe et sont armés de pierres et autres objets tranchants pour intimider leurs cibles. Parmi les victimes les plus vulnérables, il y a des femmes et des passants solitaires.

Géneviève Mizegele témoigne : « Nous qui travaillons ici, nous sommes dans l’insécurité surtout dans ce quartier de la capitale. Des shegués se battent comme ça en plein centre-ville. C’est terrible de voir ça. Et dans de tels affrontements, il y a des blessés graves. Les autorités policières doivent prendre des dispositions pour mettre fin à ce comportement barbare au centre-ville. »

Dispute entre deux policiers et un gang de shégués

Une fois sur l’avenue des Flambeaux, non loin de la société brassicole Bralima, j’ai assisté à une dispute entre deux policiers armés et un gang de shégués, tous mineurs. Ces policiers chassaient les shegués qui opèrent le long de cette avenue. A ma grande surprise, ces délinquants ont refusé de déguerpir, ils n’ont manifesté aucun signe de crainte devant les menaces policières.

Dans certains arrêts de transports en commun, notamment aux environs des Galeries présidentielles, de jeunes gens s’approchent des taxis pour arracher des portables et d’autres objets. Souvent, ils le font en toute impunité, parfois en présence des policiers qui restent passifs.

Un jour aux environs de 21 heures, je revenais de l’Agence Galaxie média à Gombe. J’ai été attaqué par ces délinquants sur l’avenue Lokele non loin du Fonds de promotion de l’industrie (FPI). Ils m’ont roué de coups, menacé de mort et ravi tout : argent, téléphone…

Ces enfants qui sont nés dans des conditions précaires sans le vouloir sont parfois la conséquence d’un système égoïste qui a négligé le « social » de la population pendant 18 ans. Très souvent, nous considérons ces shégués comme des menaces. Mais avec un peu de recul, on peut comprendre que la vraie menace c’est nous. Ce sont les gouvernants ! Ces enfants sont la preuve de notre échec à assurer un avenir meilleur à la jeunesse.

Face à la délinquance juvénile, les cachots sont-ils la solution ? Pas du tout. Il faut plutôt une réinsertion sociale pour leur permettre d’apprendre un métier et devenir des citoyens responsables…

 

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Les commentaires récents (0)

  1. Un rôle collégial à jouer: engagement des communautés volontaires à s’impliquer dans la réinsertion de ces enfants allié aux efforts des gouvernants qui doivent y être obligés..