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Ce n’est pas la tribu qui divise Katangais et Kasaïens

On se demande pourquoi tant de divisions, tant de haine ou d’intolérance entre ethnies congolaises. De tristes histoires d’adversités entre les Baluba du Katanga et du Kasaï cachent souvent une histoire commune et surprenante. Le slameur Jean-Chrysostome Tshibanda, portant en lui les deux contrées congolaises, le rappelle ici.

O Sanga Lubango, c’est toi le grand témoin !
Toi qui es l’origine, ou plutôt, le chemin
qui a conduit les fils, qui a conduit les filles
obligés de quitter, de laisser leurs familles.

Ils étaient tous ensemble, un jour auparavant,
Vivant en harmonie dans leurs différents clans.
Le désir de régner a séparé deux frères,
Qui ont pris les armes. Terribles adversaires,
Les deux frères avaient chacun des partisans.

Le vaincu a été avec ses courtisans,
Obligé, malgré lui, de prendre alors la fuite.
Les fuyards commençaient une nouvelle lutte.
Ils fuyaient sans savoir où ils pouvaient aller.

Sanga Lubango, l’arbre à palabre coupé

Ils jouaient du tam-tam quand ils voulaient parler
Aux retardataires, avant de trouver l’arbre
Incapable, bien sûr, de trancher leur palabre,
Mais un arbre magique, oublié au Congo,
Un arbre merveilleux, le Sanga Lubango,
Tellement élancé, de loin reconnaissable.

Ils traçaient alors un signe repérable
Pour ceux qui étaient loin, pour les nombreux traînards,
Qui découvraient ainsi d’excellents étendards,
Car tous les fugitifs, modérant leur rancune,
Voulaient se rassembler dans leur fuite commune.

Ils marchaient toutefois d’un pas très différent,
Rapide pour les uns, pour les autres plus lent.
C’est pourquoi s’arrêtaient certains en cours de route.
Ils s’installaient là-bas, mettant fin à leur fuite,
Et créaient un village en lui donnant le nom
D’un chef bien reconnu en toute occasion.

Pour beaucoup d’autres, c’était la même chose
Au bout d’un certain temps. En tout état de cause,
On sentait la fatigue. Il y en avait pourtant
qui ont continué leur chemin.

Le Kasaï, la rivière de la séparation

Beaucoup ont réussi, après la traversée
De tout le Katanga, une bonne percée
Dans tout le Kasaï, de l’Ouest jusqu’à l’Est.
Voyons donc aujourd’hui, voyons ce qu’il en est !

Ceux qui étaient restés, bien sûr, font tous partie
Du grand peuple Luba et, malgré leur sortie,
Ces nombreux exilés sont des fils du terroir.
Ce sont des Baluba, vibrant d’un grand espoir.

Mais on oublie, hélas !, la commune origine
Des deux communautés en cherchant la ruine
De celle qu’on voudrait ne plus voir exister.

Ceux qui étaient partis et ceux qui sont restés
ont oublié déjà leur commune ascendance,
Ce qui est dangereux dans cette circonstance.
Ceux qui étaient partis ont créé ces tribus
Qu’on voit au Kasaï, avec leurs attributs.
La langue a pu changer, mais pas la race.
L’oubli de l’origine est bien la vraie menace.

Ce qui divise, n’est pas la tribu

Quant à nos ancêtres, très peu leur importait,
Le nom du village d’où leur ami sortait.
Ce n’est pas la tribu qui divise les hommes :
C’est le manque d’amour, qui provoque les drames.
Qui divise règne, le colonisateur
Le savait mieux que nous, pour notre grand malheur.

Nos nombreuses tribus constituent un seul peuple,
Qui devra relever les grands défis du siècle.
Et, pour y parvenir, il n’y a que l’unité,
que l’on doit promouvoir dans la diversité.
Il n’y a que l’union qui fait partout la force.
Du développement elle est la seule source.
Pour nous développer, nous devons nous unir.
Il nous faut, désormais, tout préjugé bannir.

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