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La vie des Kinois sur grand écran

L’attente des obsèques d’Etienne Tshisekedi semble avoir plongé l’actualité politique congolaise dans un formol tout aussi mortifère. C’est l’occasion pour les informations « culture » d’exister. Mais les news cinéma peuvent cacher un discours bien politique…

A quelques jours de l’ouverture du Festival panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (Fespaco), l’audiovisuel du continent vient d’être honoré dans l’une des plus prestigieuses rencontres de la profession, performance devenue rare au fil des ans. Unique film africain de la Berlinale -le festival international du film de Berlin-, le long métrage « Félicité » a remporté samedi le Grand prix du Jury, l’une des catégorie de l’Ours d’argent.

Si son réalisateur Alain Gomis est Franco-sénégalais, son héroïne est Congolaise et l’action se déroule en République démocratique du Congo. Bonne nouvelle pour la RDC, sauf à considérer que c’est encore un portrait rude de Kinshasa qui est offert au grand public.

Entre hôpitaux, maquis et marchés, le personnage-titre, chanteuse dans un bar, se démène pour récolter la somme nécessaire à l’opération de son fils victime d’un accident de moto. Faut-il voir dans cette œuvre un trompe-l’œil fictionnel au service d’un contenu documentaire ? L’auteur se défend de tout « sociologisme ». Faut-il alors percevoir « Félicité » comme un portrait satirique péjoratif ?… Si cet hommage à une capitale électrique est quelque peu foutraque, il n’est pas pessimiste.

Bien sûr, le réalisateur évoque, dans les interviews, « une année difficile en RDC », baignant dans un contexte politique tendu difficilement compatible avec le tournage d’un long métrage. Il déplore, par ailleurs, la disparition des salles de cinéma dans beaucoup de pays du continent. Pour autant, à la remise du prix, évoquant la beauté de ses personnages malmenés, il invitait les Africains à aimer ce qu’ils sont. Un encouragement d’autant plus précieux, pour les Congolais, qu’il vient d’un ressortissant de l’Ouest du continent.

Du baume au cœur sur grand écran en attendant que les politiciens arrêtent leur cinéma…

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