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À Butembo, les Bajaj prennent le pouvoir : chronique d’une révolution urbaine

Il y a quelques années, à Butembo, personne n’aurait imaginé qu’un petit engin à trois roues deviendrait le nouveau roi des rues. Aujourd’hui, impossible de traverser Njiapanda, Vungi, Furu, Kambali ou Matanda et ailleurs sans croiser un triporteur débordant de marchandises… ou encore des Bajaj qui mettent les passagers à l’aise pour rejoindre leurs lieux de travail, leurs domiciles, etc.

Les habitants de Butembo ont adopté ces triporteurs pour une raison simple : ils répondent à des besoins réels. Les femmes de Katwa n’ont plus besoin d’attendre une moto deux roues pour transporter leurs marchandises vers le centre-ville ou pour se déplacer elles-mêmes.
Pendant ce temps, les taxi-motos observent le terrain changer.

Un motard me confiait, près du rond-point Sonas : « Nous on va vite, mais eux là, ils ramassent les grosses courses. Selon les clients, non seulement ils peuvent prendre des grandes charges, mais aussi ils sont moins chers. Certains disent qu’ils sont aussi plus confortables que nos motos à deux pneus. »

Certes, le tsukudu (réputé depuis belle lurette comme moyen de transport de marchandises en plein centre-ville), voire dans des quartiers éloignés, résiste encore. Mais la réalité est là : le centre-ville appartient désormais aux triporteurs. Il ne s’agit pas seulement de concurrence. C’est la société qui bouge, qui s’adapte, qui invente sa propre modernité.

À Butembo, même la mobilité raconte une histoire : celle d’un peuple qui cherche toujours la solution la plus efficace, malgré les défis du quotidien.

 

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