La paix est importante dans nos vies. Pourtant, certaines personnes se retrouvent dans des situations difficiles à cause des discriminations dont elles sont victimes dans nos communautés.
Ne plus se sentir en sécurité chez soi
Samedi, 21 février 2026, il est 11 heures quand le bus dans lequel je voyageais avec Jean (nom d’emprunt), en provenance de Bukavu et en partance pour Uvira, s’arrête à une première barrière tenue par des militaires.
L’un des militaires ordonne aux voyageurs de descendre du bus et de se munir de leurs cartes d’électeur, utilisées par de nombreux Congolais comme pièces d’identité.
Jean, sa carte en main et sa sacoche au dos, s’exécute sans broncher.
Un soldat se charge de récupérer les cartes et procède à l’appel nominal. Une file se forme rapidement. Femmes, hommes et enfants attendent leur tour.
Jean est alors écarté de la file et se retrouve entouré de quatre militaires. Son apparence physique semble susciter des soupçons.
Jean est un jeune homme d’une vingtaine d’années, très élancé, au teint noir et au nez fin. Il ne sait prononcer aucun mot en lingala.
Les militaires ne veulent rien entendre. Il est directement présenté comme originaire d’un pays voisin considéré comme agresseur de la RDC. Certains de ces agents le soupçonnent même d’être un espion travaillant pour le compte de ce pays et ses documents sont confisqués.
Pris de peur et de panique, Jean ne sait pas quoi faire. Personne parmi les voyageurs ne cherche à prendre sa défense. Chacun veut traverser la barrière le plus vite possible.
Il sera finalement aidé par l’un des militaires, qui prend sa défense. Les autres acceptent alors de le laisser poursuivre son voyage vers Uvira.
Ce qu’a vécu Jean montre comment les préjugés et les soupçons liés à l’apparence ou à l’origine supposée d’une personne peuvent conduire à des violences verbales, voire à d’autres formes de violence.
Certaines discriminations fragilisent la paix entre les communautés
La situation vécue par Jean illustre ce que peuvent traverser certaines personnes dans nos communautés. Ces discriminations fragilisent la paix et la cohésion sociale.
Pour Jean, comme pour tant d’autres personnes, la paix serait aussi le fait de se sentir bien dans la société et de ne pas être jugé en raison de son appartenance religieuse, de son ethnie, de sa langue maternelle ou de son origine.
Nos différences peuvent aussi constituer une richesse pour notre pays. Nous ne devrions pas chercher à discriminer les autres à cause de celles-ci.
Les militaires sont censés protéger la population. Lorsqu’un citoyen se retrouve au contraire exposé à des soupçons ou à des discriminations en raison de son apparence, c’est aussi son sentiment de sécurité qui est atteint.
Chacun a le droit de se sentir en paix dans sa communauté et dans la société en général.
La paix, c’est moi, c’est toi et c’est nous
Commençons par accepter les gens tels qu’ils sont et ne nous focalisons pas uniquement sur nos différences.
La paix doit commencer par moi, par toi et par nous.
Et si changer nos mentalités, c’était commencer par ne plus voir un ennemi dans quelqu’un simplement à cause de son apparence, de sa langue ou de son origine supposée ?
Ensemble, mettons fin aux préjugés et aux discriminations qui fragilisent la paix dans nos communautés.
