Du 17 au 20 mars 2026, l’Institut Supérieur Pédagogique (ISP) de Bukavu a accueilli un atelier recherche-action, réunissant enseignants et acteurs du secteur éducatif autour d’un objectif commun : moderniser les méthodes d’apprentissage de l’histoire.
Organisée par NASSE (Nichoir des Acteurs Scientifiques pour la Sauvegarde de l’Environnement), une structure rattachée à l’ISP Bukavu, en partenariat avec le programme Bokundoli, cet atelier de quatre jours a mis l’accent sur l’Approche Pédagogique Située (APS). Ceci est une méthode qui vise à replacer l’apprenant au cœur du processus éducatif au travers l’apprentissage contextualisé en partant d’une situation vécue, proche ou signifiante. Une démarche encore peu appliquée dans l’enseignement de l’histoire, contrairement à d’autres disciplines comme les mathématiques. Dès les premières heures de l’atelier, les participants ont été invités à questionner leurs pratiques. Comment enseigner l’histoire autrement ? Comment susciter l’esprit critique des élèves ? À travers des exposés interactifs et des discussions, les facilitateurs ont introduit les fondements de l’APS, avant de passer à la pratique.
Répartis en groupes, les enseignants ont travaillé à la conception de séquences pédagogiques basées sur des situations-problèmes, en s’appuyant notamment sur les ressources de la plateforme Bokundoli. De la construction des contenus à leur expérimentation en simulation, les participants ont été amenés à tester, ajuster et améliorer leurs approches.
« L’enseignement de l’histoire accuse un certain retard dans l’application de cette approche », reconnaît un inspecteur de l’enseignement secondaire de la province éducationnelle Nord-Kivu 1, présent à l’atelier. Pour lui, ce type d’atélier devrait être étendu à un plus grand nombre d’enseignants.
Même constat du côté des participants. Un enseignant du département d’histoire à l’ISP/Bukavu souligne que l’APS permet de mieux impliquer les apprenants : « Cette approche met l’élève au centre. Elle va améliorer nos prestations en classe ».
Au terme des quatre jours, plusieurs séquences pédagogiques et fiches pratiques ont été produites. Des outils directement exploitables dans les salles de classe, fruit d’un travail collaboratif entre enseignants.
Le professeur Jacques Usungo, responsable de NASSE, a de son côté dressé un bilan positif de l’atelier : les objectifs ont été atteints et les participants repartent avec des compétences concrètes. La combinaison entre théorie et pratique aura permis une appropriation progressive des outils proposés.
Au-delà de l’atelier lui-même, une ambition plus large se dessine : la constitution d’une base de séquences de cours d’histoire, destinée à être soumise au ministère de l’Éducation. Une initiative qui pourrait contribuer à transformer durablement l’enseignement de cette discipline en République démocratique du Congo.
