Quand deux personnes décident de divorcer, on pense souvent à l’infidélité, à l’incompatibilité ou à la disparition des sentiments. Mais derrière certaines séparations se cachent aussi des situations de souffrance vécues au sein du couple.
C’est le cas d’un homme que nous appellerons Étienne. Il affirme avoir décidé de divorcer de sa femme après plusieurs années de violences psychologiques dont il dit avoir été victime.
« Mes avocats ont déposé, le 3 août dernier, une demande de divorce. J’ai beaucoup souffert dans mon couple. Je dois me libérer de cette souffrance, sinon je vais mourir. J’aime ma femme, mais je dois vraiment divorcer d’elle », raconte-t-il au début de notre entretien.
« Depuis que j’ai perdu mon travail, tout a changé »
Pourquoi décider de divorcer de votre femme ?
Selon Étienne, les difficultés dans son couple auraient commencé après la perte de son emploi.
« Tout allait bien quand j’avais un travail et que je contribuais aux dépenses du ménage. Depuis que j’ai été licencié, tout a changé. Je reste à la maison et, étant donné que c’est désormais ma femme qui prend tout en charge, elle passe son temps à me traiter de bon à rien et à crier sur moi, même devant d’autres personnes », affirme-t-il.
Pourquoi aller jusqu’à demander le divorce ?
Pour Étienne, les humiliations qu’il dit avoir subies pendant plusieurs années constituent une forme de violence qu’il ne veut plus supporter.
« Beaucoup de gens pensent que seules les femmes sont victimes de violences domestiques. Pourtant, moi, je suis un homme et je me considère comme une victime. Ma femme n’a pas arrêté de me faire subir des violences psychologiques. J’ai laissé passer le temps. J’ai attendu pendant plus de cinq ans en pensant qu’elle allait changer, mais rien », poursuit-il.
Partir malgré les sentiments
Après plusieurs années de vie commune, la décision de divorcer n’efface pas pour autant les sentiments.
Que deviendrez-vous après cette séparation ?
« Avant de me marier, j’avais une vie. Je vais en souffrir. Mais parfois, il faut prendre des décisions qui font mal au cœur pour se préserver », répond Étienne.
Son témoignage attire l’attention sur une réalité parfois moins évoquée lorsqu’on parle des violences au sein du couple : les hommes peuvent eux aussi en être victimes.
Le reconnaître ne revient pas à minimiser les violences subies par les femmes. Il s’agit plutôt de rappeler qu’aucune violence conjugale ne devrait être banalisée en fonction du sexe de la personne qui affirme la subir.
Dans le cas d’Étienne, il s’agit de son témoignage et de sa version des faits. Son épouse n’ayant pas été interrogée dans le cadre de ce billet, les faits qu’il lui attribue ne peuvent être présentés comme établis.
Après plusieurs années passées à espérer un changement, Étienne considère désormais la séparation comme la solution pour sortir de la situation qu’il décrit.
Étienne est un prénom d’emprunt. Certains détails permettant d’identifier le témoin et son épouse ont été volontairement retirés.
