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La justice populaire devient monnaie courante à Mbujimayi

A Mbujimayi, les criminels sont souvent relâchés par la justice au grand dam de leurs victimes. Face à cette situation, les Mbujimayens n’ont qu’une solution: se faire eux-mêmes justice en tuant les bandits qu’ils attrapent.

Le dernier cas en date remonte à la semaine dernière. Un homme d’une trentaine d’années tentait de cambrioler la maison d’une veuve dans le quartier Ngoyi Kasanji, dans la commune de la Muya. Il a été appréhendé par les jeunes du quartier qui l’ont battu à mort. Son corps a été retrouvé tôt le matin abandonné dans la rue. Certains habitants de ce quartier nous ont déclaré que cet homme « était un voleur de longue date, plusieurs fois arrêté mais toujours relâché par la justice ».

L’holocauste à la mbujimayenne

La méthode utilisée par la population est appelée « tshioshelu » (holocauste en français). C’est-à-dire que le malfaiteur – surtout le cambrioleur – pris en flagrant délit est brûlé vif. On lui jette de l’essence dessus ou on lui attache un pneu au cou et on met le feu.

S’il échappe à « l’holocauste », il est frappé comme on frappe un serpent. Cela veut dire : jusqu’à ce que mort s’en suive. C’est ce qui est arrivé à l’homme susmentionné. Cette pratique barbare a été vivement condamnée par le maire de Mbujimayi, Jean-Paul Ntambwa Kasanzu. Il demande à la population de ne jamais se faire justice.

Méfiance envers la justice de l’État

Ces dernières années, la criminalité est au plus fort à Mbujimayi. Les bandits opèrent presque chaque jour à l’aide d’armes à feu. Ils cassent les portes des maisons à l’aide de barres de fer et de grosses pierres. Parmi eux, on compte  même des éléments de la police et des Forces armées de la RDC.

La population soupçonne les responsables de l’appareil judiciaire d’être souvent complices des bandits. Elle ne s’explique pas comment des criminels arrêtés se retrouvent souvent libres dans la cité, alors que leurs peines courent encore. Ces criminels, une fois hors de prison, se remettent à commettre les mêmes crimes pour lesquels ils étaient arrêtés : meurtres, viols, vols à mains armées, etc.

Du coté de la justice, on soutient que les présumés bandits sont relâchés lorsqu’il n’y a pas de preuve de leur culpabilité. Selon un magistrat du Parquet de Mbujimayi, « il est difficile de condamner quelqu’un sur une simple dénonciation sans preuve. La population amène souvent des présumés criminels à la justice, mais  n’apporte pas des éléments de preuve ».

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Les commentaires récents (3)

  1. La justice populaire est acte certes non conforme à la loi,neamoins les cas pressants en Rdc conduit le commun des mortels à déduire en un abandon des charges de l état dans la rue,ainsi donc ette justice intervient.quoi de plus qu une absence prolongée du pouvoir et de la force publique amène à la desobeisence civile avec comme conséquence des protestations en protestations vers un mouvement des masses qui chutee souvant par une insurrection

  2. l’homme recolte ce qu’il a semé , c’est telment tré tré ruducul de voir une personne mourrire pour le vol , viol, etc… pour quoi ne pas travaillé pour gagné sa vie ?

    1. et quand même le peuple parvien a se prendre en charge de la sorte , il parais qu’il ya un sa ne va pas avec la justice ! mais ce ne pas normal ! il faut que l’Etat congolais puisse bien pansé a propos si non trop c’est trop.