Il y a ceux qui regardent leur communauté avec ses difficultés. Il y a ceux qui s’en plaignent. Et puis, il y a ceux qui décident de faire quelque chose. Erico Aukumwana semble avoir choisi cette troisième voie. À Kisangani, son nom est associé à une idée : le changement doit commencer par nous-mêmes.
Derrière la Fondation Erico Aukumwana pour le Changement (FEAC), ses programmes et les différentes actions menées dans la ville, il y a surtout cette conviction : ne pas attendre que les autres construisent la communauté à sa place.
Créée en mars 2023 à Kisangani, la fondation dit vouloir agir sur les conditions de vie des communautés en plaçant l’être humain au centre de ses interventions.
Des enfants reçoivent des kits scolaires. Des femmes sont accompagnées dans leurs activités. Des jeunes sont formés et encouragés à entreprendre. Des communautés reçoivent du matériel pour participer à l’assainissement de leur environnement.
Des actions différentes, mais qui racontent une même ambition : transformer une conviction en résultats visibles.
Le changement commence par soi
À travers le programme LISUNGI, la fondation accompagne des femmes et des jeunes dans leurs activités génératrices de revenus. L’objectif affiché n’est pas simplement d’apporter un appui financier, mais de permettre aux bénéficiaires de produire, d’entreprendre et de devenir progressivement autonomes.
Le programme Mwana Nyoso na Kelasi place, lui, l’enfant au centre. À travers la distribution de kits scolaires, la fondation entend contribuer à une rentrée scolaire plus digne et rappeler l’importance de l’éducation pour l’avenir d’une communauté.
Avec « Mbongwana Eko Banda Nayo », le message devient encore plus direct : le changement ne doit pas seulement être attendu. Il doit commencer avec chacun.
C’est cette logique qu’Erico Aukumwana tente de rapprocher des réalités quotidiennes. Aller dans les quartiers, rencontrer les femmes, écouter les jeunes et chercher des réponses aux difficultés rencontrées font partie de la démarche présentée par sa fondation.
Derrière ces actions se trouve un pari sur l’humain : qu’un enfant accompagné aujourd’hui puisse poursuivre son parcours scolaire ; qu’une femme soutenue développe son activité ; qu’un jeune formé puisse, à son tour, créer une opportunité.
L’ambition serait alors de créer une chaîne où celui qui reçoit aujourd’hui peut devenir celui qui contribuera demain.
Erico Aukumwana veut-il changer Kisangani à lui seul ? Probablement pas. Sa démarche semble plutôt reposer sur une conviction : personne ne transforme seul une communauté, mais chacun peut décider d’y apporter sa contribution.
C’est aussi le sens de la devise de sa fondation : « Unis pour transformer nos vies ».
Reste maintenant une question : jusqu’où cette vision pourra-t-elle aller ?
Car une fondation peut distribuer des kits, financer des activités et organiser des formations. Mais sa réussite se mesurera surtout avec le temps : dans les enfants qui poursuivront leur parcours scolaire, les femmes qui développeront durablement leurs activités, les jeunes qui créeront leurs propres opportunités et les communautés qui apprendront à compter davantage sur leurs forces.
À Kisangani, le pari est lancé : faire du changement non pas une promesse, mais une habitude.
