Le décès soudain du jeune bourgmestre de la commune de Lubumbashi, samedi 26 avril 2025, a ému plusieurs personnes. Sans recourir à l’autopsie médicale, certains n’ont pas hésité à avancer la thèse d’un empoisonnement. Dans une société congolaise où la mort d’un jeune est rarement considérée comme naturelle, la recherche effrénée d’une explication se justifie par la croyance aux traditions.
En République démocratique du Congo, une mort, surtout celle d’un enfant ou d’un jeune adulte, ne peut être acceptée sans explication. Il faut trouver une cause, quitte à chercher du côté de la sorcellerie, de la jalousie ou des malédictions ancestrales. Ainsi, lorsqu’une femme décède en couches, il n’est pas rare que certains insinuent une infidélité, la sienne ou celle de son mari, comme origine mystique de la tragédie.
Cette quête d’explications alimente souvent des accusations injustes, déchirant des familles et des communautés entières. Pourtant, une alternative rationnelle existe : l’autopsie.
Pourquoi l’autopsie est-elle si négligée ?
Dans notre pays, la médecine préventive reste peu pratiquée et les check-ups réguliers sont rares. L’autopsie a l’avantage d’être un outil précieux. Elle permet non seulement de clarifier les causes de nombreux décès mystérieux, mais aussi de détecter des maladies ou des facteurs de risques ignorés de leur vivant. Combien de fois n’a-t-on pas entendu : « Hier, il riait ici avec nous ; puis il s’est plaint d’un simple mal de tête… Et il est mort ! » ?
L’absence d’autopsie laisse place au doute, aux rumeurs, et à l’injustice. Trop souvent, des veuves, des orphelins, des époux, ou des membres de famille sont accusés sans preuves, portant le poids d’une culpabilité fabriquée par la rumeur populaire et les préjugés.
Vers une nouvelle culture de la vérité
Il est temps pour nous Congolais d’ouvrir un nouveau chapitre. Un chapitre où la science vient apaiser les blessures de nos deuils, où la vérité remplace les suspicions. Promouvoir l’autopsie, c’est non seulement rendre justice aux morts, mais aussi protéger les vivants des fausses accusations et des déchirures sociales.
Les traditions ont leur importance, certes, mais elles ne doivent pas être un obstacle à la vérité. Entretenir la mémoire d’un être cher, c’est aussi faire en sorte que sa mort ne soit pas souillée par l’ignorance et les rumeurs.
