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A Goma, le quartier Birere vit dans les immondices

A Goma, des dépotoirs cohabitent avec des habitants. Un mélange d’habitations et de déchets en putréfaction : c’est ce que vous trouvez au quartier Mapendo, appelé Birere.

Depuis le 11 juillet dernier, l’épidémie de cholera sévit dans la ville de Goma et ses environs. Cette maladie hydrique risque de faire le plus de morts dans ce quartier Birere où, à n’importe quelle période de l’année, des déchets bouchent les caniveaux et les conduites d’eau. Des eaux stagnent partout. Le risque est donc permanent dans ce quartier qui pourtant est aussi le centre commercial de Goma.

Des mamans vendent des beignets juste devant un caniveau plein d’immondices

Cette insalubrité dans le quartier Birere a plusieurs causes. D’abord une surpopulation, avec des maisons de fortune et des habitants vivant dans une promiscuité sans nom, mais aussi ce quartier est oublié par les dirigeants.

Quand les conduites d’eau sont détournées de leur mission

À Birere, il est très fréquent de trouver des toilettes sans fosses septiques. Les WC sont vidés directement dans les caniveaux, les habitants espérant que la pluie emporte le tout. Et si la pluie ne tombe pas pour les évacuer, c’est grave. Les matières fécales mélangées aux déchets plastiques, aux bouts de bois et autres déchets végétaux stagnent devant les maisons. L’odeur y est insupportable. Un ancien professeur vivant dans ce quartier déplore cette situation : « On n’y peut rien. On est obligé de vivre dans cette insalubrité ! Des déchets provenant du nord du quartier viennent souvent échouer devant ma maison. Ici, je ne peux plus compter le nombre de fois où mes enfants ont fait de la fièvre typhoïde ! »  

 Des déchets qui ont débordé du caniveau pour se déverser sur la surface

Comme tout le monde le fait, je le fais moi aussi

L’épouse du professeur prépare un repas. Curieux, je lui demande où elle met les déchets ménagers. « Je fais comme tout le monde : je les déverse dans ce caniveau qui passe devant la maison, en attendant qu’une pluie puisse conduire le tout vers le lac. Si depuis là-haut les gens jettent des déchets, pourquoi je ne le ferais pas moi aussi ? C’est le rythme ! », me dit-elle un peu gênée. J’étais ébahi, cette femme est pourtant instruite.

Une flaque d’eau devant la porte d’une maison

Ne pouvant rester inactif face à tout cela, je suis allé rencontrer Juvénal Kahata, le chef de ce quartier, pour essayer de comprendre comment on a pu en arriver là. « Des rapports et des propositions de solution, j’en ai fait par dizaines à ma hiérarchie. Mais la mairie ne répond jamais. Aucune suite jusqu’à présent ! », déplore-t-il.

Il est certes de la responsabilité des autorités urbaines d’assurer l’assainissement des quartiers, mais dans Birere les habitants devraient aussi faire quelque chose pour réduire l’insalubrité. Ils pourraient par exemple commencer par construire des toilettes avec des fosses septiques et arrêter de boucher les caniveaux avec des déchets ménagers ! Ce serait déjà un début.

La mairie de Goma a instauré depuis quelques mois une taxe obligatoire pour l’assainissement, mais la mesure a dû être abandonnée dans ce quartier Birere, on ne sait pourquoi. Il est temps de la réactiver.

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Les commentaires récents (2)

  1. Bel article nous faisant découvrir les réalités d’un lieu de vie donné de notre République. Il est impérieux de former aussi la population au Volontariat pour que les gens apprennent également à se prendre en charge.

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