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A qui profite le diamant de la Miba ?

Ce sont des vautours en cravate basés à Kinshasa, et utilisant leurs hommes de main à Mbujimayi, qui ont mis à genoux la Miba. Cette société produit des milliers de carats de diamant depuis des décennies, mais toutes ces pierres précieuses n’ont profité qu’aux individus et non au développement de la province.

Voici plus de 100 ans que la Miba exploite le sol et le sous-sol de l’espace Kasaï. Des centaines, des milliers voire des millions de carats de diamants. Mais où vont-ils ? La Miba a été saignée à blanc, par des criminels en cravate. Par une mafia politique déterminée à punir tout un peuple dans une province alors réputée bastion de l’opposition. Par moment, le diamant de la Miba a financé le budget de l’État congolais, soutenu l’effort de guerre, enrichit des hauts placés des différents régimes…

Aujourd’hui, Mbujimayi, autrefois surnommé capitale mondiale du diamant industriel, n’a rien d’une ville. L’exploitation du diamant ne nous a laissé que ravins et pauvreté dans la province !

Les cadres remplissent leurs poches

Chaque fois que je fais un tour dans les camps des travailleurs Miba, je ne retiens pas mes larmes. Ces belles petites cités communément appelées ici Baudines et que  j’enviais autrefois, croulent dans une misère indescriptible. Les enfants et les travailleurs de la Miba sont inconsolables. Ils ne connaissent plus le mot « salaire ». La dernière fois où certains d’entre eux ont touché 100 dollars remonte à plusieurs mois, voire plusieurs années.

Savez-vous quoi ? Dans cette entreprise, pendant que d’un côté c’est la misère noire, de l’autre, des individus roulent carrosse, vivent dans l’opulence. Que la Miba produise ou pas, ce n’est pas leur affaire ! Je parle des cadres de la direction générale. Eux, ils sont toujours heureux, car c’est à eux que profite la faillite de la Miba. D’après Daniel Sopo, président du comité base Miba, les cadres de cette entreprise « se partagent l’essentiel de la production. Ils s’octroient des primes et des salaires colossaux, s’offrent des  voyages luxueux aux frais de l’entreprise et au détriment de la pauvre masse ouvrière ».

Les diamantaires locaux aussi

Plutôt que de suivre le circuit officiel, la petite production que réalise la Miba atterrit  parfois dans les comptoirs des grands diamantaires de la place. La plupart de ces diamantaires ont fait fortune sur le dos des pauvres travailleurs. Plus grave, ils n’ont pas investi au Kasaï. Ils préfèrent construire de grands immeubles et loger leur fortune à Kinshasa, à Lubumbashi ou à l’étranger, laissant le Kasaï se mourir.

Un ancien cadre de la Miba disait : « Nos frères diamantaires achètent souvent les pierres frauduleuses de la Miba à vil prix. Ils peuvent acheter à 50 000 dollars une pierre qui aurait dû coûter le double voire le triple sur le marché régulier. »

Pour ceux qui ne le savent pas, Mbujimayi c’est la Miba, ou plutôt c’était la Miba ! Les meilleurs hôpitaux, les bonnes écoles, l’eau, l’électricité, l’aéroport sont les œuvres de cette société. Mais à cause de la mauvaise gestion de cette entreprise, regardez à quoi ressemble la vie à Mbujimayi ! Aujourd’hui, le diamant de la Miba ne sert plus qu’un groupe de personnes, l’intérêt général n’y est plus.

Je pense que le diamant produit par la Miba doit d’abord bénéficier à la province, ensuite au pays. C’est cela la véritable justice.

#FailliteEntreprisesRDC

 

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