Des Congolais de la diaspora, surnomés combattants manifestant pour le départ de Kabila, lors des élections de 2011, Georges Gobet/AFP/Getty Images
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« Combattants » : le combat est fini, rentrez au pays

A Kinshasa on les appelle «base ». Ceux de la diaspora sont appelés « les combattants ». Ce sont de jeunes opposants de la diaspora congolaise qui ont trouvé l’asile politique en Europe. S’ils avaient plusieurs raisons valables de s’exiler à l’époque du régime de Kabila, aujourd’hui, rien ne les empêche de rentrer au pays.

A mon avis, il est temps pour les « combattants » de revenir au bercail. Kabila n’est plus au pouvoir. Il n’y a plus de menace contre eux.

De bons signaux en RDC

Peu après son investiture, le président Tshisekedi a lancé un appel au retour des Congolais de la diaspora pour venir construire le pays. « Pour vous, compatriotes de la diaspora, nous créerons des conditions favorables pour mettre fin à tout ce qui vous a poussé à fuir à l’étranger », avait déclaré Tshisekedi au Kenya. Cet appel n’a pas beaucoup été suivi par les concernés. Je me souviens même avoir lu sur Twitter quelqu’un dire : « Nga na zonga Zaïre ! Kuna Mc Do eza … ? » (Moi rentrer au Zaïre ? Est-ce qu’il y a des fast-food là-bas ?). Et il a poursuivi son tweet par des insultes en lingala.

Aujourd’hui, les signes d’un bon climat sécuritaire et politique pour ceux qui étaient dans l’opposition hier ne sont plus à démontrer. Pour preuve, Sindika Dokolo, le patron des Congolais Débout, qui a farouchement milité pour le départ du régime Kabila, est rentré au pays sans être inquiété. Moïse Katumbi aussi promet de rentrer au pays ce 20 mai. Les prisonniers politiques ont été libérés. Même Ne Muanda NSemi est réapparu… Alors, pourquoi le Congo ne serait infréquentable que pour les combattants ? Ceux-là même qui ont milité aux cotés de Tshisekedi, l’actuel président ! Peut-on dire que le mal est ailleurs ?

A la recherche du bonheur

Petite anecdote. Il y a quelques années, je discutais sur WhatsApp avec une amie française qui passait son stage comme avocate à l’immigration en France. Elle m’a fait comprendre combien plusieurs les Congolais (et pas qu’eux) montaient des histoires imaginaires afin de convaincre les services d’immigration.  Elle m’a parlé par exemple des stratagèmes d’un monsieur proche de Bokesthu premier, le très connu combattant dont les propos et les insultes contre Kabila polluent la toile. Pour sa demande d’asile, ce monsieur parti en Europe pour accompagner un musicien, « Ngulu » comme on dit à Kin, a dû brandir un faux journal d’un quotidien local annonçant qu’il serait poursuivi par les services secrets congolais à cause de ses prises de position publiques anti Kabila. « Après vérification, nous avons trouvé que tout était faux… », m’a-t-elle expliqué.

Aussi, un cousin qui vit en Belgique pour ses études me fait comprendre que l’élection de Felix Tshisekedi comme président est un grand frein aux affaires de plusieurs Congolais. « Quelles raisons vont-ils encore avancer ? L’instabilité politique ? La guerre ? Fatshi aye ko bebisela batu ebele coop (Fatshi a déjoué plusieurs aventures », s’est-il écrié. Comprenez que Kabila était devenu une garantie de voyage pour qui désirait s’envoler vers l’Europe.

Alors cette question : aujourd’hui, au nom de quoi et contre qui les « combattants » continuent-ils leur combat ? L’exil politique est-il encore justifié pour les Congolais ? A mon avis, les services d’immigration en Europe ne devraient plus accepter des demandeurs d’asile politique congolais. Ils devraient même organiser un service de retour volontaire gratuit pour qui veut rentrer au pays.

Qu’on se le dise, l’heure n’est plus aux combats politiques sans fondement. Il est temps de construire le Congo, et cela ne peut se faire qu’en étant sur place au pays. Comme on dit à Kin : « Ba yaya, bo yebela… tango ya ko zonga ekoki » (l’heure de rentrer a sonné).

 

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Les commentaires récents (1)

  1. Les congolais doivent comprendre une chose que Kabila n’est plus au pouvoir. Donc certaines d’entre eux ils on juste l’envie de rester en Europe en mensonge qu’ils étaient les exilés politique