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Kinshasa : ces dragues de mauvais goût qui indignent les femmes

« Pssst ! vraie nzele, beubeu » : voilà des cris que nous entendons chaque jour dans la rue. Pour une femme, circuler librement à Kinshasa sans entendre un commentaire sexiste devient un fait rare. Ce qui est plus surprenant, c’est que ces comportements sexistes deviennent si fréquents qu’ils paraissent normaux et personne ne s’en plaint.

Selon un motard de mon quartier avec qui j’ai l’habitude de discuter, « les femmes aiment être appréciées ». Ah bon ? Drôles de compliments alors. Puisqu’au-delà de ce qu’il appelle « apprécier », les femmes font aussi l’objet de sifflements, harcèlement, mains baladeuses, etc., de la part de certains hommes dans la rue. Il se pose là un problème : cette confusion entre compliment, drague, harcèlement : Comment apprécier un prétendu compliment lorsque celui-ci est contraire à la bienséance ?

Un matin de janvier 2018, au petit marché de l’UPN, dans la commune de Ngaliema, je me retrouve en face d’un vendeur de vêtements un peu trop léger dans son langage et qui a du mal à maîtriser l’usage de ses doigts. Sans retenue, ce monsieur me lance une première phrase : « Oyo ba goûts na nga… » (en français « ça c’est mon goût »). Je lui ai répondu  par un silence mais il pouvait deviner que j’étais en colère. Sans s’arrêter à cela, il est allé plus loin jusqu’à me tirer vers lui en me saisissant par l’épaule, me tâtant comme un objet. Là c’en était trop pour moi. C’est un manque de respect que je ne pouvais accepter. Mon corps n’est pas un clavier d’ordinateur pour passer ses mains comme s’il saisissait un texte, sans mon consentement. Sur un air très sérieux, je lui ai fait voir mon mécontentement. Malheureusement, tout autour de moi, la masse me traite d’orgueilleuse.

Défendre sa dignité

Pourtant, je ne fais que défendre ma dignité. Il devient plutôt normal de subir des actes de harcèlement que de les dénoncer. Une déviation qui tend à se perpétuer tant que nous les femmes garderons le silence.

En France, des députés féministes ont soumis une proposition de loi qui sanctionnerait les actes d’outrage sexiste par une amende allant de 90 à 750 euros. Un bel exemple, d’autant plus que chez nous  en République Démocratique du Congo, dans les mêmes circonstances, la loi n°06/018 du 20 juillet 2006 sur les violences sexuelles, §4 , art. 174d,  prévoit aussi des sanctions mais qui ne sont pas appliquées.

On se  retrouve souvent dans des altercations sans fin avec les harceleurs. Sachant comment se porte le pays du point de vue de la justice, l’idéal serait que le changement émane de la femme elle-même au quotidien, en redressant l’opinion publique par la dénonciation de ces actes et paroles déplacés, afin que le respect s’impose et que les coupables soient réellement sanctionnés.

Le consentement et l’accord

Chers hommes, la notion du  consentement et de l’accord ne vous dit-elle rien ? Insister, imposer, forcer, utiliser des mains baladeuses, des commentaires trop osés envers une personne inconnue ou non consentante, c’est ni plus ni moins que du harcèlement sexuel, sanctionné par la loi.

Pour plaire à une femme, nul n’a besoin d’exagérer. Nous sommes vos mères, vos sœurs et filles. Parlez-nous avec tact. Voulez-vous en savoir plus sur comment aborder une femme ? Attendez mon prochain blog. En attendant, soyez surtout galants. C’est déjà ça la première règle !

 


Vous pouvez lire aussi : Déclaration des femmes de Habari sur le harcèlement sexuel

 

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Les commentaires récents (4)

  1. Je croyais que j’étais la seule à déplorer ce mauvais système .ce genre de comportement nous indigne et ce n’est pas du tout la meilleure strategie à appliquer pour gagner une femme qui vous a plut. Des propos honteux qu’ils tiennent derriere nous pour exprimer leur attirance envers nous nous deshonore

  2. Merci ! J’aime cet article …
    merci de continuer ainsi… les femmes ne sont pas des objets ou des marchandises pour être humilié ou traitées de tout les mots par des inciviques de notre pays… stop à ces genres de comportement dans notre nation.

  3. Malheureusement ces outrages sexistes sont courant dans les rues de Kinshasa ; Même les jeunes adolescents en sont victimes 😢

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