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La femme africaine célébrée le 31 juillet à Kinshasa

Quand j’ai reçu l’invitation pour assister à la cérémonie de célébration de la journée internationale de la femme africaine cette année, j’étais curieux d’en connaître les objectifs. Arrivé sur place, j’ai été agréablement surpris par le fait que l’accent était mis sur la femme entreprenante. Ce qui expliquait la présence de divers stands d’expositions des produits réalisés par les femmes de Kinshasa.

La journée internationale de la femme africaine est célébrée chaque année le 31 juillet en commémoration de la première conférence panafricaine des femmes, qui avait eu lieu à Dar-es-Salaam en 1962. C’est à cette occasion que l’Organisation panafricaine des femmes  (PAWO) a été créée dans le but de promouvoir l’égalité homme-femme, les droits fondamentaux et l’autonomisation des femmes. C’est l’année qui a précédé la création de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA), aujourd’hui l’Union africaine (UA).

Depuis lors, la PAWO a été reconnue comme une institution spécialisée de l’UA et a signé un protocole d’accord avec la Commission de l’Union africaine pour la mise en œuvre de ce nouveau statut en février 2018.

Inclusion financière des femmes, condition sine qua non pour leur épanouissement

Pour avoir une société où les femmes sont épanouies et prennent leur destin en main, il convient de mettre l’accent sur leur inclusion financière. L’entrepreneuriat féminin est dans ce cas un instrument idéal. C’est sans doute la raison pour laquelle le thème retenu au Congo pour cette journée était : « Art, culture et patrimoine : source de l’inclusion financière des femmes. »

A mon avis, la pandémie de Covid-19 est un frein à l’objectif  d’autonomisation financière des femmes à très court terme. D’après une note publiée par ONU Femmes, une grande majorité des femmes travaille dans les quatre secteurs les plus touchés par les conséquences liées au Covid-19. Ce sont notamment les services d’hébergement et de restauration, l’immobilier et les activités commerciales et administratives, la fabrication et le commerce de gros et de détail, dans lesquels le télétravail est impossible. Ces secteurs représentent 41% de la totalité des emplois occupés par les femmes.

Et les concernées dans tout ça ?

J’ai interrogé quelques femmes présentes à l’espace Texaf Bilembo, lieu de la célébration de la journée du 31 juillet. On ne peut pas dire qu’elles ont été toutes vraiment conscientes de la portée de la journée internationale de la femme africaine. Mais elles sont toutes engagées dans la lutte pour leur autonomisation.

Jenny Makambo Moseka est une vendeuse de médicaments traditionnels. Pour ce qui la concerne, elle estime qu’« il est nécessaire de se lancer et de consacrer son énergie à la recherche des moyens de survie. Quoique femme au foyer, on n’est pas tenu de compter uniquement sur les revenus de son partenaire ».

Awa Nadie est une Kinoise d’origine tchadienne. Il est clair pour elle que le sens de la journée de la femme africaine lui échappe. Cependant, elle croît que « la femme a un grand rôle à jouer dans la société, tout comme l’homme ». Elle renchérit : « Si demain on a assez de femmes épanouies, je parie que nous aurons pour la première fois une dame comme chef de l’Etat en RDC. »

Kipimba Masinda travaille comme chef de bureau au ministère de la Formation professionnelle. Elle m’a dit que « l’entrepreneuriat va aider à l’épanouissement de la femme africaine. Mais l’accent doit être mis sur la formation. Le chef de l’Etat devrait tenir compte de cet aspect dans le cadre de ses différentes initiatives ».

 

 

 

 

« Cet article est écrit avec l’appui technique d’Internews, grâce au financement de la coopération suédoise, l’USAID et la coopération suisse.  Les opinions partagées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Agence Suédoise de Développement International (ASDI), de l’USAID, la coopération suisse, ainsi que des gouvernements suédois, des États-Unis et suisse. »

 

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