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Kinshasa-Brazzaville : tensions entre voisins

Aujourd’hui, Olivia Boyeye étudie l’informatique dans un centre de formation à Kinshasa. La jeune femme a pourtant déjà validé un diplôme à l’Institut supérieur des arts et métiers. Avant, elle était styliste mais depuis son retour forcé de Brazzaville, la capitale de la République du Congo voisin, où elle prospérait comme couturière, elle a dû se reconvertir dans le secretariat.

La chasse aux étrangers

Olivia Boyeye fait partie des 245.000 Congolais de RDC qui ont du regagner le pays il y a deux ans, suite à une vaste opération policière dénommée « Mbata Ya Mukolo (la gifle des ainés) » dont le but officiel était d’endiguer la criminalité à Brazzaville.

Cette campagne contre l’insécurité était en réalité une chasse aux étrangers. La police utilisait les médias pour encourager la population à dénoncer les « étrangers en situation irrégulière ».

Dans un rapport daté de juillet 2015, Amnesty International cite deux chaines de télévision privées (DRTV et MNTV) dont les émissions « incitaient les gens à adopter une attitude hostile envers les Congolais originaires de RDC ».

Une campagne de haine sur internet

Sur Facebook, la page du média Brazzanews stigmatisait les « Zaïrois » et les accusait de tous les maux. Des internautes ont eux-aussi créé des pages Facebook destinées à entretenir l’animosité entre les deux pays comme « Jamais sans toi original » , « Kinshasa na Brazza to bebani » , ou la très virulente « Quel avenir pour le Congo Brazza » (fermée) qui continuent à entretenir un climat de haine, de racisme et de xénophobie entre deux pays qui ont pourtant beaucoup en commun.

Après de vives tensions diplomatiques et un gel des échanges économiques, les rapports entre les deux capitales les plus rapprochées du monde se sont aujourd’hui normalisés. Mais cette crise a laissé en suspens des blessures béantes, que chaque confrontation entre les deux pays (sportives ou autres) réveillent, donnant l’impression qu’entre les deux Congo, quelque chose s’est cassé, quelque chose que seule la justice pourrait réparer.

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