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Mama Neema, une héroïne dans l’ombre à Bukavu au Sud-Kivu

Qu’elles sont braves, ces femmes de Bukavu qui exécutent de nombreuses tâches dans des ménages de la ville afin d’aider leurs familles. Transporter des matériaux de construction, nettoyer des habits, faire des travaux champêtres ou la vaisselle, rien ne leur échappe. 

Mama Neema est l’une de ces héroïnes qui se sacrifient chaque jour pour assurer la survie de leurs progénitures. Son vrai nom est Zamukulu Wabilinda Destine. Elle est mère de sept enfants, tous vivant dans la ville de Bukavu. Son père est passé de vie à trépas alors qu’elle était toute petite. « Ma mère avait beaucoup de difficultés financières. Elle ne pouvait pas me payer les études », se souvient la quadragénaire. Avant de poursuivre : « Pendant que mes amies allaient à l’école, je me contentais d’aider ma mère à entretenir son champ. » Un passé dont elle n’est pas fière et qu’elle raconte avec une dose d’amertume.

Une mère engagée pour son ménage

Portée par le souci d’assurer un avenir meilleur à ses enfants et aider son mari, policier de son état, Mama Neema se lance d’abord dans le commerce des fruits. Puis, elle propose ses services aux ménages qu’elle côtoie lors de ses livraisons à domicile. « Je leur propose de faire la vaisselle, de nettoyer leurs habits ou d’assurer la propreté de leurs résidences en échange d’un paiement », explique-t-elle. 

Ainsi, grâce à son revenu journalier qui varie entre 2.000 et 10.000 francs congolais, cette mère est en mesure de nourrir sa famille et de scolariser certains de ses enfants. Mama Neema s’implique de manière significative grâce au soutien de son mari dans le progrès de leur ménage. « Il me soutient, car si je n’apporte pas ma contribution, sa solde ne suffira pas à répondre aux besoins de notre ménage », souligne notre héroïne. Sa motivation, elle la tire de la Bible. Et cela s’entend facilement dans son langage : « La Bible nous dit que celui qui ne travaille pas ne mange pas non plus. En bon parent, je dois donc chercher un moyen de subvenir aux besoins de ma famille. »

Pas facile, le métier de Mama Neema

Des problèmes, Mama Neema n’en manque pas. Elle passe ses journées entières à travailler, jusqu’à épuisement. Mais malgré ces énormes difficultés, elle ne désarme pas. Puisqu’elle tient à offrir à ses enfants des conditions de vie qu’elle n’a pas reçues de ses parents. Le plus dur à vivre dans son métier c’est ce qu’elle appelle « la mauvaise foi » de certains employeurs. « Il arrive qu’à la fin du travail, l’employeur disparaisse. Je rentre alors sans avoir été payée », regrette-t-elle.

Malgré tout, Mama Neema ne baisse pas les bras. Des femmes comme elle méritent d’être accompagnées par des formations qui leur permettent de bien exercer des activités génératrices de revenus et mériter une rémunération digne. Notre héroïne aimerait suivre des formations en couture et en cuisine, en vue d’améliorer ses prestations.

 

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