article comment count is: 0

Le mariage en Ituri : quelle frayeur d’y penser !

Je suis dans l’étonnement et même dans la peur en tant que jeune homme et futur marié. C’est à cause des choses que je vois à chaque célébration de mariage. Si se marier dans mon pays devient un parcours du combattant, alors il y a de fortes chances que le mot « mariage » disparaisse de la bouche de certains jeunes Congolais.

En se basant sur l’islam et le christianisme, religions plus présentes dans l’Ituri, la dot avant le mariage devrait être un acte symbolique qui rapproche ou unit les familles. Mais quand la quête d’argent, de beaucoup d’argent même, et quand des exigences prennent le dessus, les choses peuvent vite partir en vrille.

Et moi qui pensais que dans l’avenir les choses pourraient s’améliorer ! C’était sans compter avec l’entêtement de certaines personnes trop attachées aux coutumes.

Je vous raconte une anecdote. Un proche a donné à la famille d’une demoiselle qu’il veut épouser une somme d’argent qui aurait pu faire de lui un nouveau millionnaire dans 5 ans s’il l’avait investie dans un bon projet. En effet, le monsieur a reçu une facture de la dot reprenant une liste d’exigences incroyables :

  • 12 vaches au prix de 350$ chacune ;
  • 8 chèvres à 130$ par tête ;
  • Une moto coûtant environ 1.300$ ;
  • Des outils aratoires, des vêtements, etc.

En gros, cette dot, y compris le coût des cérémonies du mariage (civil et religieux, et la fête !) lui coûtent en tout 10.370$. Et tout ça, parce que la demoiselle vient de finir ses études en médecine : on dit donc qu’elle est d’une grande valeur. Certains ajoutent même que ses parents ont investi en elle.

Voilà le parcours que doit réaliser la plupart des jeunes-hommes qui veulent se marier en Ituri et dans l’ancienne Province Orientale.

Se marier devient tout un problème                                                         

Se marier dans ces conditions, et cela se généralise en RDC, devient tout un problème. On se rend à l’évidence que l’amour ne suffit plus pour qu’une union soit scellée entre deux âmes et que des familles se rapprochent. Beaucoup courent après l’argent. Et avoir des enfants filles commence à devenir tout un business.

Or, avec 10.000 dollars, un couple a de quoi commencer une belle vie, avec de bons projets : peut-être même une belle petite entreprise familiale, ça peut permettre de sortir de la pauvreté et d’aider des proches. Hélas, on dirait que notre pauvreté, au Congo, pousse plusieurs à gâcher de belles opportunités à leur portée. Je pense que les parents doivent arrêter ces exagérations. Marier sa fille ne veut pas dire la vendre.

 

Partagez-nous votre opinion