En République démocratique du Congo, les enfants restent parmi les premières victimes des conflits armés et de l’instabilité. Violences sexuelles, enlèvements, recrutements forcés, mutilations et massacres continuent de menacer leur avenir, tandis que la pauvreté et les tensions sociales aggravent leur vulnérabilité. Face à cette situation, il est essentiel de lutter contre l’impunité, de protéger les droits de l’enfant et de garantir à chaque enfant un environnement sûr, juste et propice à son développement. Tribune de Kyungu Mukuta Steve, artiste plasticien et défenseur des droits de l’enfant.
Aujourd’hui encore, les viols, les violences sexuelles, les enlèvements, les Kidnappings, les mutilations, l’utilisation et l’enrôlement des enfants sont monnaies courantes. Les armes continuent d’arracher des milliers de vies innocentes. Parmi ces victimes, beaucoup rêvaient de grandir, de réaliser leurs ambitions, d’accomplir la mission pour laquelle ils sont venus au monde.
Il est difficile aujourd’hui de donner avec exactitude le nombre d’enfants victimes à travers la planète. Mais en République Démocratique du Congo, les différents rapports des Nations Unies, des organisations de défense des droits humains ainsi que ceux des agences de protections de l’enfance documentent un nombre record de violations graves des droits des enfants. En Ituri, à Beni, au Nord et Sud-Kivu, le massacre des enfants n’est pas un événement isolé. C’est une tragédie répétée depuis plus de trente ans où les groupes armés tuent, mutilent, enlèvent et violent sous le regard impuissant des dirigeants. Pire encore, ces criminels, loin d’être inquiétés, s’installent à la table des négociations, se disputent les privilèges et se proclament défenseurs de la nation. Comment peut-on prétendre défendre sa communauté en utilisant les armes contre elle et en violant les droits des enfants ?
Pendant que l’Est demeure le foyer des tensions et des massacres les plus sanglants, le Sud-Est s’enfonce dans des luttes tribales qui déchirent le tissu social Tandis qu’au centre nous mourons de faim, nous subissons l’exode rurale, nous restons enfermés dans l’enclavement et qu’à l’Ouest on se perd dans des tensions politiques et sociales qui se cristallisent autour des révisions et changement de textes qui ignorent totalement l’intérêt supérieur de l’enfant. Pourtant, c’est cet enfant négligé aujourd’hui qui sera l’adulte de demain. Si nous ne pensons pas à son avenir radieux, devenu adulte, il ne pensera pas à l’avenir meilleur de sa nation.
Disons NON
– Non à la recrudescence des violences sexuelles.
– Non aux recrutements, à l’utilisation et réutilisation d’enfants par les groupes armés.
– Non aux mutilations, au rejet social et à la stigmatisation.
– Non aux textes de loi qui ignorent les droits fondamentaux de l’enfant.
– Non à la prolifération des groupes armés et à la manipulation des puissants.
– Non à l’impunité persistante.
Disons OUI
– Oui à la justice transitionnelle.
– Oui aux sanctions contre les auteurs de crimes.
– Oui à la réparation pour les victimes.
– Oui à la protection et au respect des droits de l’enfant.
Ensemble, luttons pour garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour tout enfant.
Que vive l’enfant du monde !
Que vive l’enfant africain !
Que vive l’enfant congolais !
Que vivent la paix et la stabilité en République Démocratique du Congo !
