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5 choses que vous ignorez sur le nouveau DAIPN

Que ce soit dans les débats à la télé ou dans mon cours d’économie rurale, j’aime bien parler de l’agriculture. C’est un des secteurs qui peuvent permettre au pays de décoller. Je me demande pourquoi les autorités ne s’intéressent pas aux activités agricoles ? La preuve, DAIPN est abandonné à son triste sort.

Les institutions axées sur l’agriculture ne manquent pas en RDC. Nous avons par exemple DAIPN (Domaine agro-industriel présidentiel de la N’sele). Je l’ai visité deux fois. Laissez-moi vous parler de cinq choses qui m’ont marquée sur DAIPN.

  1. Il n’a pas de statut juridique

Oui, vous avez bien entendu parler du Nouveau DAIPN. Il a rajouté un petit prénom à son nom. Ce domaine agricole de renom, chouchou du grand Mulopwe d’autrefois, n’a pas de statut juridique. Il vit dans l’informel. Je me demande si ses employés ont des matricules. Donc ce joyau n’est pas officiel, quel gâchis ! Je me demande aussi à qui profite le fait qu’il est informel. Cette info sur le statut juridique ne vient pas de moi. J’ai échangé avec des employés du Nouveau DAIPN qui m’ont confié que la ferme n’a pas de statut juridique.

  2. Il est géré par des Israéliens

L’Etat congolais a signé un partenariat public-privé avec la ferme israélienne LR Group le 09/05/2013 pour réhabiliter DAIPN et relancer les activités. Les travaux sont en cours jusqu’à ce jour. Un contrat de l’ordre de 88 740 000 USD, à raison de 50 740 000 USD pour la première phase et 38 000 000 USD pour la deuxième. Pour sa première phase, le décaissement déjà effectué est de l’ordre de 45 000 000 USD. Par contre, concernant la deuxième phase, le décaissement n’a jamais eu lieu. L’Etat congolais n’a pas donné le montant dû à la première phase, et la deuxième phase a connu un préfinancement de LR Group.

Ce sont donc des Israéliens qui sont à la tête et qui tentent de sauver DAIPN du déclin. Sont-ils bons gestionnaires ? Ça je ne sais pas. Mais étant donné que les travaux de réhabilitation n’ont été exécutés que partiellement, le Nouveau DAIPN n’a pas eu le temps de voir le jour, juridiquement parlant.

  3. Il est très malade

Si rien n’est fait en urgence, DAIPN sera mort dans deux ou trois ans. Il agonise, le pauvre. Il n’est plus que l’ombre de lui-même. Peinture défraichie, herbes qui poussent partout, matériaux qui s’ennuient au soleil… DAIPN est en chute libre. Lors de ma première visite, il y avait des produits variés au point de vente du domaine. Et quand j’y suis retournée dernièrement, il n’y avait que quelques tomates pas très mûres. Plus de gros poivrons ni de carottes qui vous donnent envie de faire un bon potage. Si l’Etat n’intervient pas rapidement pour suffisamment financer ce domaine, il appartiendra définitivement au passé. Donc, l’Etat doit y investir de l’argent pour respecter sa part du contrat et relancer les activités du site.

  4. Pas grand monde ne consomme les produits DAIPN

Le Nouveau DAIPN possède plusieurs points de ventes. Cinq points de vente à travers la  ville de Kinshasa : N’sele, Kimbanseke, marché de la Liberté, Bandal et Salongo. Deux autres sont nouvellement construits à l’UPN et  au grand marché. Ils font même des livraisons à domicile.

Mais est-ce que les gens achètent ? Oui, mais pas assez. Je vous conseille d’acheter de temps en temps les produits du Nouveau DAIPN. Peut-être que ça pourrait motiver les investisseurs à y apporter plus d’argent. Consommons congolais s’il vous plaît.

Vous me direz certainement que DAIPN n’est plus si « congolais que ça » parce qu’il y a des Israéliens. Moi je vous dis que c’est une bonne chose que ces Israéliens soient là, c’est eux qui maintiennent l’édifice alors qu’il est sur le point de s’effondrer sous le regard indifférent des Congolais.

  5. Il est vieux et chargé d’histoire

Un peu d’histoire sur DAIPN. Le Domaine agro industriel présidentiel de la N’sele a été créé en 1966 par le feu président Mobutu. Sans doute pour valoriser le secteur agricole. C’est dans ce domaine que l’ancien parti-État le Mouvement populaire de la révolution (MPR) a été créé. Autrefois, les gens y allaient faire du tourisme. C’était un endroit paradisiaque, nous raconte-t-on. On pourrait dire que DAIPN était pour Mobutu ce qu’est le Parc de la N’sele pour Kabila aujourd’hui.

J’estime qu’il y a encore de l’espoir. Et je reste convaincue que l’Etat pourrait mener une campagne de financement participatif s’il n’a pas assez d’argent pour honorer sa part du contrat.

 

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Les commentaires récents (0)

  1. Il faudrait que les passionnés de ce secteur s’impliquent afin de s’auto prendre en charge au delà de la bonne volonté extérieure.

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