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Arriérés de salaires des Assemblées provinciales : « ventre affamé n’a point d’oreille », prévient le député Nyerere

Les députés provinciaux du Kasaï-Oriental ne sont pas payés depuis quatre mois. L’un d’eux, Cléophas Nyembwa Nyerere a réuni son  courage pour dénoncer la clochardisation des élus. Il l’a fait à travers un communiqué de presse soulignant les conséquences qui pourraient découler de cette situation si rien n’est fait.

Le député provincial du Kasaï-Oriental, Cléophas Nyembwa, Nyerere a répondu aux questions du journaliste et blogueur Julien Robert Mutambayi.

Habari RDC : Vous êtes député provincial de la circonscription de Mbujimayi, comment se portent les députés provinciaux aujourd’hui ?

Nyembwa Nyerere : Les députés provinciaux traversent une situation financière critique ; ils n’ont pas de moyens pour vivre comme il se doit.

Vous avez publié un communiqué de presse dans lequel vous lancez un cri d’alarme au sujet de ce que vous appelez « la misère des députés provinciaux », comment décrivez- vous cette misère ?

Monsieur le journaliste, nous entamons  aujourd’hui le cinquième mois de retard de nos salaires. Le gouvernement de la République qui a la charge de nous payer ne le fait pas, et pourtant la Constitution de la RDC nous donne le privilège d’avoir un salaire décent pouvant nous permettre de bien remplir notre mission en toute indépendance. Cela m’a poussé à m’exprimer alors que d’autres députés préfèrent murmurer.

L’amoindrissement de l’enveloppe salariale auquel vous faites allusion dans votre communiqué de presse est de quelle hauteur ?

Par souci d’éclairer l’opinion, nous avons pris le courage de dire cela tout haut. Les députés provinciaux du Kasaï-Oriental touchent comme émoluments mensuels à ce jour environs 3 millions de francs congolais, soit environ 1 600 dollars américains. C’est de la misère ça ! Et pourtant, avant le démembrement des provinces, un député provincial touchait plus de 4,8 millions de francs congolais, soit environ 5 000 dollars américains.

Cette misère que vous décriez vous empêche-t-elle de faire votre travail de députés en toute indépendance ?

Bien sûr que oui ! Ça peut influencer nos prises de position ! C’est une situation qui nous expose à la corruption. La Constitution exige que les députés soient mieux payés pour nous préserver de toute tentative de corruption. Si les députés sont bien rémunérés, cela peut aider à éviter des conflits inutiles avec les gouvernements  provinciaux qui en principe n’ont pas la charge de payer les députés. C’est le gouvernement central qui paie les députés.

Au Kasaï-Oriental, ces retards de paiement de nos émoluments peut entamer la collaboration, la tranquillité et la paix qui ont toujours caractérisé notre province. Il faut savoir que l’argent du député n’appartient pas seulement à lui, c’est l’argent de tout le monde ; le député reçoit des demandes de partout et de sa base électorale, demandes auxquelles il lui est maintenant difficile de satisfaire avec ces arriérés de salaires.

Ces impayés concernent-ils seulement le Kasaï-Oriental où c’est une situation générale pour toutes les provinces ?

Je ne voudrais pas parler au nom de tous les députés provinciaux de la RDC, mais j’ai eu l’écho, au lendemain de la publication de mon communiqué de presse, que l’Assemblée provinciale du Kasaï-Oriental est peut-être la seule frappée par cette modicité des émoluments. Par contre, le retard de paiement est une situation qui semble toucher plusieurs provinces, notamment : Lomami, Sankuru, Kasaï-Central, etc.

Qu’attendez-vous concrètement du pouvoir central ?

La province du Kasaï-Oriental a des députés nationaux et des sénateurs. Je voudrais éveiller leurs consciences pour qu’ils se mettent debout et plaident notre cas afin que nous rentrions dans nos droits. Nous ne demandons pas une assistance ou un cadeau de la part du gouvernement de la République, nous réclamons simplement notre droit. Nous pensons que les autorités, qui nous ont suivis à la radio et à la télévision et qui nous lisent sur Habari RDC, prendront des dispositions avant que le pire n’arrive. Un homme averti en vaut deux, dit-on !

Si ce cri de détresse n’est pas entendu, que feriez-vous ?

Ventre affamé n’a point d’oreille, dit-on. Tout peut arriver et à tout moment ! À vous d’analyser.

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Les commentaires récents (2)

  1. aimons nous les uns des autres
    le Congo n’appartient pas à une seule personne mais de tout congolais
    c’est pourquoi seule la transperce doit résigner dans notre riche pays

  2. Au-moins lui il est clair pas comment d’autres qui même sans problème de salaire ne peuvent pas échapper à la corruption. Certains députés vendent leurs parcelles pour gagne les élections, alors quelques soi la situation ils sont là pour faire rembourser leur argent

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