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Les défis de Rachelle, footballeuse et lesbienne

C’est à bord d’un bus, lors d’un déplacement vers Kasumbalesa, à la frontière zambienne, que je fais connaissance de Rachelle. Une footballeuse évoluant en première division, qui se sait lesbienne depuis ses 13 ans. Orientation sexuelle qu’elle assume, en n’oubliant pas que son défi majeur, c’est l’homophobie au quotidien.

Psychologiquement armée, elle précise sur son combat contre l’homophobie : « Je pense que les gens qui ne me tolèrent pas et qui avaient de la colère à mon encontre – parce que j’ai hérité de la nature comme une des facettes de ma personnalité –  ne méritent pas mon attention, même s’ils sont à plaindre. » Elle ajoute : « J’apprends à explorer mes désirs sans les juger, à ne pas me caser, à réaliser qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de vivre son lesbianisme. »

Lorsqu’elle découvre son lesbianisme, à peine en 2e secondaire, Rachelle venait de se choisir le football comme sport, chaque élève devant en pratiquer un à son internat. Mais déjà comme cela arrivait souvent dans un internat pour fille, certaines avaient leurs « chéries ».

Lorsque la sienne est partie à la fin de ses études, Rachelle a décidé de quitter l’internat pour la suivre afin de continuer à la fréquenter. Malheureusement pour Rachelle, sa copine a été obligée de se marier à un homme. « Malgré son mariage, on a continué à se fréquenter, jusque dans son lit », témoigne encore Rachelle.

Obligée d’être lesbienne pour être footballeuse de haut niveau ?

À cette question, sa réponse stoppe illico toute suspicion : « Pas du tout. Le football est un sport qui n’a pas de sexe. Et elles sont nombreuses les homo, hétéro ou bisexuelles qui pratiquent cette discipline sportive. Pour moi, le fait d’être lesbienne m’ouvre la porte à une sexualité épanouie tant sur le plan sentimental que psychologique. » Mais aussi, explique-t-elle, cela lui permet de préserver sa carrière en restant compétitive.

Lesbienne et ça sauve une carrière ?

Comment son lesbianisme l’a-t-il aidée à sauver sa carrière de footballeuse ? Rachelle est tranchante dans sa réponse : « Lesbienne, je suis heureuse de dire aussi bye aux grossesses non désirées qui poussent la plupart des joueuses à abandonner leur vraie passion qui est le sport. Je pratique le football, je vis du football, pas question qu’un môme détruise ma carrière. » Elle ironise même sur ses paires : « J’en connais qui avaient du talent et qui, à cause de grossesses, ont fini comme nounous ! »

C’est sur cette note d’une passionnée de football qui assume son orientation sexuelle dans une société « homophobe », que je suis arrivé à Kasumbalesa, lieu de destination de notre bus.

 


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