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La clandestinité pour vivre son homosexualité à Lubumbashi

Paul est un jeune engagé pour la cause des personnes LGBT à Lubumbashi. Il essaie de convaincre la société à respecter son orientation sexuelle. Se présentant ouvertement comme homosexuel, il n’a pas hésité un jour à parler à une télévision étrangère à visage découvert de sa vie dans la ville de Lubumbashi où la majorité de la population est homophobe.

Se confiant à Habari RDC, Paul (pseudo) a répondu aux questions du blogueur Guy Muyembe.

Habari RDC : Quelle vie a-t-on à Lubumbashi lorsque l’on fait partie de la communauté LGBT ?

Paul : Quand on fait partie de cette communauté LGBT à Lubumbashi, il est conseillé de se cacher. Vivre dans l’hypocrisie. Une fois qu’on se dévoile, on perd l’estime de la société. Cela commence par la famille. Je peux prendre mon propre cas. Aujourd’hui, je suis une personne qui n’a pas pu évoluer dans les études car je suis abandonné à moi-même quand bien même je vis dans ma famille. Je ne jouis d’aucune forme d’assistance.

Y a-t-il des moments où l’on t’oblige de renoncer à ton orientation sexuelle ?

En effet, j’ai été l’objet de toutes sortes de pressions. Je subis parfois des brutalités : les gens m’insultent dans la rue, ils pensent que j’ai perdu la tête. J’étais traumatisé tout le temps quand j’allais à l’école. Il s’en était suivi des échecs scolaires à répétition. « Tu as intérêt à changer », me disait-on.

Qu’en est-il de ceux qui vivent dans la clandestinité ?

Pour les homos que j’ai l’habitude de côtoyer, leur attitude consiste à feindre de vivre comme des hétérosexuels. Certains d’entre eux ne veulent même pas me parler en public, et quand on se parle au téléphone, ils exigent un langage codé pour se fixer un rencart. Ce qui cause chez-moi une sorte de frustration, car j’imagine que celui qui m’aime n’a qu’à s’assumer.

Quand on vit dans la clandestinité, on court le risque d’être accros à la toxicomanie et d’adopter des comportements irrationnels face aux infections sexuellement transmissibles. Ici et là, je les entends affirmer qu’on ne peut pas être malade du Sida quand on est LGBT. Le fait de sortir de la clandestinité permet de bénéficier de diverses informations et de conseils.

Les lesbiennes ont-elles affaire aux mêmes problèmes que les autres personnes LGBT ?

Je dirais qu’elles ont un sort plutôt enviable car elles peuvent assez facilement se cacher, sauf si elles ont des manières considérées comme masculines. Ce sont donc les gays qui sont plus victimes de l’homophobie ambiante. Et parmi eux, ce sont les plus efféminés qui attirent des regards malveillants. Du coup, tout homme qui a un comportement féminin est supposé homosexuel ; et tout homme qui l’accompagne en chemin est accusé d’être son amant.

Quels sont les rapports entre l’Etat et l’organisation à laquelle tu appartiens ?

Notre organisation n’est admise qu’au nom de la lutte contre le Sida. Les autorités nous ont clairement dit que leur soutien n’est pas pour faire avancer notre cause. Mais parce qu’elles estiment que la lutte contre cette pandémie engage toutes les catégories de la population. Sûrement nous n’aurions pas été soutenus sans cela.

Comment envisages-tu l’avenir de la lutte contre l’homophobie à Lubumbashi ?

L’avenir de notre cause dépend d’abord de nous-mêmes. Le fait que le gouvernement ait accepté de soutenir un projet de lutte contre le VIH spécialement pour les personnes LGBT est une première étape. Nous travaillons déjà en collaboration avec nos autorités. Nous devons faire comprendre à la société que nous sommes des êtres humains comme les autres.

Vous pouvez écouter ici l’entretien avec Paul.

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Les commentaires récents (7)

  1. Je crois tout simplement que notre gouvernement devrait se prononcer sur ce sujet . Le fait que cette communauté ce cache sous une lutte contre le VIH, c’est une forme de soutien et d’espoirs. La Russie par exemple est très ferme à ce sujet . Moi personnellement je suis contre la communauté LGBT . Comme je l’ai dit au début le gouvernement doit se prononcer !! Merci.

  2. Je découvre que c’est depuis un temps qu’HABARI RDC produit des articles sur les LGBT. J’avais cru que 2018 était une année innovante.

  3. L’homosexualité n’est qu’une partie de la personne caractérisant son côté sentimental. On n’est tombé pas amoureux d’un genre mais d’une personne.

    1. Commentaire * oui à l’shi c est vraiment pas facile de vivre le gay dans ce cas on se trouve obligé d être hypocrite tout les jours