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Élections du 20 décembre : la désinformation électorale a tourné à plein régime

Même si on s’attendait à la désinformation électorale en 2023, mais l’ampleur et le degré de sa propagation ont surpris. Déjà présente en 2018 et largement facilitée par les médias sociaux, tout comme en 2006 et 2011 via les SMS, la désinformation en lien avec le processus électoral a joué une très mauvaise partition en 2023. 

Les professionnels de la désinformation s’étaient apparemment bien préparés et bien organisés pour produire des infox que seuls les initiés pouvaient dénicher. De fausses informations délibérément larguées dans le public ont contribué à alimenter des tensions et des soupçons de fraudes électorales qui parfois n’existaient pas.

Les armées numériques

Constituées de personnes recrutées pour diffuser et relayer en masse des informations inexactes ou hors contexte, les armées numériques des candidats à la présidentielle ont fait déferler sur les plateformes, beaucoup d’infox dont certaines étaient réalisées grâce à l’intelligence artificielle. Mais les cas les plus relayés par ces hordes de communicants payés à l’heure, seront des vidéos dans lesquelles des votes parallèles présumés sont présentés pour justifier une tricherie à grande échelle. Si certaines vidéos se sont effectivement avérées liées aux scrutins du 20 décembre, d’autres ont révélé des incohérences comme celle-ci dans laquelle, on y voit un colonel des FARDC interpeller des personnes en possession d’une machine à voter clandestine. Le bémol est que la tenue portée par le fameux colonel est proscrite par l’armée congolaise depuis octobre 2023.

La presse étrangère pour crédibiliser les fakenews

Quoi de plus crédible qu’un reportage signé RFI, BBC ou France 24 pour crédibiliser une fausse information. Sur WhatsApp, des messages transférés avec mention « source RFI » ont été nombreux. C’est le cas de messages donnant des tendances de vote par province au lendemain du 20 décembre. TV5 Monde en prendra aussi pour son grade avec un élément sur les scrutins de 2018 qui sera modifié puis repartagé en boucle.

Les journalistes congolais ont également été au centre du dispositif de désinformation dans tous les camps. Un sondage publié le 17 décembre est largement relayé par plusieurs journalistes et influenceurs. Seulement voilà, le site Internet de l’institution mentionnée a été créé le même jour aux petites heures du matin et que toutes les informations permettant d’identifier le propriétaire du domaine ont été occultées. Cette organisation ne dispose d’aucun compte sur les réseaux sociaux et n’a pas depuis, actualisé ses informations.

De nombreux factcheckers ont éprouvé d’énormes difficultés à identifier tous les éléments trafiqués. L’accès difficile à certaines sources et la sophistication de certaines manipulations audio/vidéo ou web n’ont pas facilité la contre-vérification.

 

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