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Fermeture des facultés de médecine : un mal nécessaire !

C’est le buzz de ces derniers jours. Le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) a décidé que seules 16 universités puissent organiser la faculté de médecine sur l’étendue du territoire national. Les 16 universités sont reparties dans 11 provinces, à savoir : Kinshasa, Haut-Katanga, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Kongo-central, Kwilu, Tshopo, Sankuru, Equateur, Maniema et Kasaï oriental.

Les 15 autres provinces du pays n’auront donc plus le droit de former leurs médecins localement.

Une décision qui fait grincer les dents

« Vous m’avez demandé de fermer les établissements non viables. Soyez prêts à assumer lorsque la décision va tomber ». Cette déclaration du ministre Muhindo, lors de la clôture des états généraux de l’enseignement supérieur et universitaire tenus à Lubumbashi, suffit à alimenter la polémique. La décision de fermeture des facultés de médecine non viables a été proposée par le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom).

Pourtant dans les faits, l’initiative date de 2015 avec Mashako Mamba. A l’époque, un moratoire de trois ans avait été accordé aux universités pour se viabiliser.

Dans son instruction académique portant directives pour l’année académique 2018-2019, l’ancien ministre Steve Mbikayi rappelait ceci aux points 32 et 33: « Le moratoire de trois ans accordé aux facultés de médecine pour se doter de leurs propres cliniques universitaires a pris fin. Toutes les facultés de médecine ne répondant pas à cette exigence, doublée de conditions minimales de fonctionnement d’une faculté de médecine, doivent être fermées. » A cette instruction spécifique s’ajoutent celles relatives à l’organisation des filières techniques, notamment l’existence d’un laboratoire pour renforcer le caractère pratique de la vocation.

Cité par Politico.cd, le professeur Antoine Tshimbi, membre de la coordination de ces états généraux, précise que l’autre critère était d’avoir de trois à cinq professeurs en propre et de manière exclusive.

La fermeture de ces facultés est donc, par sa forme, une décision logique. Seulement, elle pèche dans le fond. En scrutant la liste, l’on s’étonne de l’absence de l’Université Simon Kimbangu de Kinshasa, pourtant très réputée, disposant de sa propre clinique et classée par la qualité des médecins produits comme une des meilleures facultés de médecine du pays. Pourtant, l’UPC est bien reprise.

Les sanctionnés rassurent et contre-attaquent

Depuis la publication de la liste, plusieurs personnes ont réagi, notamment les étudiants des universités non reprises sur la liste. Dans un communiqué, l’Université Simon Kimbangu appelle ses étudiants au « calme le plus absolu », promettant d’entreprendre des démarches pour « trouver rapidement des solutions à ce problème ». Elle précise cependant que cette mesure ne « concernerait nullement les étudiants déjà inscrits ».

Du côté de l’Université Notre dame du Kasaï (UKA), l’on promet de prouver la viabilité de leur faculté de médecine. Alors qu’elle dit attendre la « notification officielle », l’UKA appelle également étudiants, parents et tuteurs au calme. A Mbuji-Mayi cependant, les étudiants de l’Université de Mbuji-Mayi (UM) ont protesté contre la décision au gouvernorat.

Malgré ce mécontentement, l’assainissement du paysage académique de la RDC s’impose. Pourquoi pas penser prochainement aux facultés de droit, d’informatique et même d’architecture ? A condition que tout se fasse dans la transparence pour un enseignement de qualité. Ceux qui se sentent lésés peuvent toujours saisir le Conseil d’Etat.

 

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